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Renforcer la lutte contre les crimes dits d’« honneur »

Woman women violence
©Shutterstock

Dénonçant fermement les crimes dits d’« honneur », la Commission sur l’égalité a appelé les Etats membres à ratifier et à mettre en œuvre la Convention d’Istanbul, rappelant que ce texte indique clairement que la coutume, la tradition, la culture, la religion ou le dit « honneur » ne sauraient justifier des violences. Elle a déclaré qu’aucune circonstance atténuante liée au prétendu « honneur » ne pouvait être inscrite dans le droit national ou tolérée dans le cadre de jugements.

Le rapport de Béatrice Fresko-Rolfo (Monaco, ADLE) adopté par la commission, traite également de la vulnérabilité des personnes LGBTI aux crimes dits d’« honneur ». Il souligne que ces crimes sont le plus souvent perpétrés par des membres de la famille des victimes, qui n’acceptent pas une identité de genre, une orientation sexuelle, un style de vie, une volonté d’émancipation ou le refus d’un mariage. Ils peuvent prendre la forme de meurtres, séquestrations, enlèvements, torture, mutilations, brûlures, suicides forcés, mariages forcés, ou thérapies de conversion.

La commission a appelé les Etats membres à sanctionner tout discours public incitant à la violence à l’égard des femmes, la violence domestique et aux violences faites aux personnes LGBTI, notamment au nom du dit « honneur » et à dénoncer un système d’oppression fondé sur celui-ci.

Afin de renforcer la lutte contre ces crimes, elle a proposé aux Etats un ensemble de mesures concernant la protection et l’assistance aux victimes, et en matière de prévention. La commission préconise notamment d’ouvrir des lignes d’assistance téléphonique en plusieurs langues ; de garantir un nombre de places suffisant dans les structures d’accueil avec un financement adéquat ; de proposer un accompagnement aux personnes victimes de ces violences ayant fui leur pays, dans des centres d’accueil de demandeurs d’asile ; et de mener des campagnes de prévention et de sensibilisation,

Elle préconise aussi de faire de la collecte de données une priorité, de soutenir les ONG de protection des droits des femmes et des droits des personnes LGBTI, et d’adopter une approche intersectionnelle dans la lutte contre les discriminations, la violence à l’égard des femmes, la violence domestique et les violences faites aux personnes LGBTI.