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Les élections législatives anticipées en Arménie ont été concurrentielles et bien organisées, mais caractérisées par de profonds clivages et entachées de propos hostiles, constatent les observateurs internationaux

Les élections législatives arméniennes anticipées ont été concurrentielles et bien gérées dans des délais serrés. Elles se sont cependant caractérisées par de profonds clivages et ont été marquées par les propos de plus en plus incendiaires des principaux candidats ainsi que par la mise à l’écart des femmes pendant toute la durée de la campagne, ont affirmé les observateurs internationaux dans une déclaration publiée aujourd’hui.

La mission d’observation conjointe du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE, de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE (AP OSCE) et de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) conclut que le cadre juridique électoral est complet de manière générale, mais que certaines lacunes subsistent. Les observateurs ont noté que, si les modifications récentes du système électoral ont été largement débattues et soutenues par la majorité des partis politiques et des groupes de la société civile, l’adoption des amendements si peu de temps avant les élections a toutefois suscité une incertitude juridique et n’a laissé que peu de marge pour appliquer les nouvelles règles ou informer les électeurs des changements effectués.

« Malgré le délai restreint pour la mise en œuvre des récents amendements au Code électoral, l’administration des élections a été jugée positivement par la majorité de nos observateurs », a déclaré Margareta Cederfelt, coordinatrice spéciale et cheffe de la mission d’observation à court terme de l’OSCE. « La plupart d’entre eux ont également évalué le jour du scrutin favorablement, dépouillement des votes compris. »

Les questions de sécurité nationale ont dominé le discours politique avant et pendant la campagne électorale, mais ce sont des propos et des accusations de plus en plus hostiles qui ont orienté les débats, ajoutant encore aux clivages et réduisant davantage l’attention portée aux programmes et aux questions de fond.

Le jour du scrutin en lui-même s’est déroulé de manière pacifique dans l’ensemble et l’évaluation des procédures de vote réalisée par les observateurs dans les bureaux de vote visités a été très largement positive. En revanche, l’accès des personnes handicapées n’était pas possible dans de nombreux bureaux de vote et la circulation des électeurs était souvent difficile. Il y a également eu des interférences dans le processus de vote de la part de représentants de partis ou d’alliances. Par contre, les observateurs ont constaté que le processus de dépouillement des votes s’est bien passé et était hautement transparent.

George Katrougalos, chef de la délégation de l’APCE, a estimé que l’élection restait bien organisée malgré d’important clivages. « Il faut espérer que les résultats seront acceptés par les partis de toutes les tendances politiques, et que les propos agressifs tenus pendant la campagne appartiendront au passé », a-t-il ajouté.

Pendant la courte période électorale, les candidats ont pu faire campagne librement et les libertés fondamentales essentielles pour des élections démocratiques ont, de manière générale, été respectées. Les observateurs ont noté que dans certains cas, des employés des secteurs public et privé ont subi des pressions pour prendre part à des événements spécifiques dans le cadre de la campagne, tandis que les allégations d’achat de voix et l’utilisation abusive de ressources publiques ont continué tout au long de cette période. Même si des candidates figuraient sur les listes des partis, les observateurs ont constaté que leur visibilité était particulièrement faible au cours de la campagne.

« Bien que les changements électoraux introduits récemment aient permis une plus grande représentation des femmes, les candidates sont restées largement absentes du discours public pendant la campagne », a indiqué Kari Henriksen, cheffe de la délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE. « Il est important que les femmes bénéficient d’une égale représentation, mais aussi qu’elles aient la possibilité de participer activement à la vie publique et politique. »

La liberté d'expression est garantie par la Constitution. Des cas de journalistes harcelés dans l’exercice de leurs fonctions soulèvent toutefois des questions quant au respect de la liberté des médias. Les observateurs ont noté que plusieurs médias se sont visiblement efforcés de faire des reportages sur un large éventail de candidats, en organisant des débats qui ont permis de garantir que les électeurs disposaient d’informations suffisantes pour faire un choix éclairé le jour du scrutin. Cependant, l’affiliation politique de certains organismes de radiodiffusion privés suscite depuis longtemps des inquiétudes.

« Tous les candidats ont pu faire campagne librement tout au long du processus et il est encourageant de constater que les autorités électorales remplissent leur mandat avec professionnalisme », a déclaré Eoghan Murphy, chef de la mission d’observation électorale du BIDDH. « En revanche, les propos hostiles entendus pendant la campagne n’étaient en aucun cas constructifs pour un débat public éclairé. »

La mission d’observation internationale des élections législatives arméniennes a réuni au total 341 observateurs de 37 pays, dont 249 experts et observateurs à long terme ou à court terme déployés par le BIDDH, 71 parlementaires et membres du personnel de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE et 21 de l’APCE.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :

Katya Andrusz, BIDDH : +48 609 522 266 ou [email protected]

Nat Parry, AP OSCE : +45 60 10 81 77 ou [email protected]

Bogdan Torcatoriu, APCE : +33 6 50 39 29 40 ou [email protected]