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Le prix Václav Havel 2021 décerné à la militante de droits de l'homme bélarusse Maria Kalesnikava

Le 9ème Prix Václav Havel pour les droits de l'homme, qui récompense des actions exceptionnelles de la société civile en faveur des droits humains, a été décerné à la militante de droits de l'homme bélarusse Maria Kalesnikava.

Le Prix, d'un montant de 60 000 euros, a été remis lors d'une cérémonie spéciale organisée à l'ouverture de la session plénière d’automne de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), à Strasbourg.

Maria Kalesnikava est l'une des leaders de l'opposition au Bélarus et membre du Conseil de coordination. Elle était à la tête du quartier général de campagne de l'ancien candidat à la présidence Viktar Babaryka et incarne l'un des trois symboles féminins de l'opposition bélarusse et de la lutte de son peuple pour les libertés civiles et politiques et les droits fondamentaux.

Elle a été enlevée à Minsk en septembre 2020 et a fait la une des journaux lorsqu'elle a déchiré son passeport à la frontière pour empêcher son renvoi forcé et son exil du Bélarus. Elle a ensuite été placée en détention, et en septembre 2021, elle a été condamnée à 11 ans de prison pour son activité.

En acceptant le Prix en son nom, la sœur de Maria, Tatsiana Khomich, a remercié le Jury et a déclaré que sa sœur souhaitait dédier sa victoire à tous ceux qui, au Bélarus, luttaient pour leurs droits : « Cette récompense est un signe de solidarité de l'ensemble du monde démocratique avec le peuple du Bélarus. C'est aussi un signe pour nous, Bélarusses, que la communauté internationale nous soutient, et que nous sommes sur la bonne voie ».

En remettant le Prix, le Président de l'APCE, Rik Daems, qui a présidé le jury de sélection, a déclaré : « En s'opposant à un régime qui a opté pour la force et la brutalité face à une protestation pacifique et légitime, Mme Kalesnikava a montré qu'elle était prête à risquer sa propre sécurité pour une cause plus grande que sa propre personne – elle a fait preuve d'un véritable courage ».

« En effet, courageux est le mot qui, selon moi, décrit le mieux les trois candidat·e·s présélectionné·e·s. À l'instar de M. Havel, tous ont fait preuve de la volonté de sacrifier leur propre sécurité, leur propre bien-être et, en fin de compte, leur propre liberté, pour une cause plus grande – la protection des droits humains pour tous. Il s'agit peut-être d'un Prix, mais le prix est élevé », a-t-il ajouté.

Les deux autres nominés pré-sélectionnés étaient Reporters Sans Frontières, ONG internationale de premier plan qui défend la liberté des médias, et le défenseur des droits humains burundais, Germain Rukuki, qui ont tous deux reçu un diplôme. Reporters Sans Frontières était représenté par son Directeur Général, Christophe Deloire. Pour des raisons de sécurité, M. Rukuki n'a pas pu être présent en personne à Strasbourg, mais il était représenté par sa sœur Scholastique Rukuki, qui a reçu le diplôme en son nom.

Le Prix Václav Havel des droits de l'homme est décerné chaque année par l'APCE, en partenariat avec la Bibliothèque Václav Havel et la Fondation Charte 77, « pour récompenser des actions exceptionnelles de la société civile dans la défense des droits humains en Europe et en dehors du continent ». Il consiste en une somme de 60 000 euros, un trophée et un diplôme.

Depuis sa création, le Prix a été décerné successivement à Loujain Alhathloul, militante saoudienne des droits des femmes (2020), conjointement à Ilham Tohti et à l'Initiative des jeunes pour les droits de l'homme (2019), Oyub Titiev (2018), Murat Arslan (2017), Nadia Murad (2016), Ludmilla Alexeeva (2015), Anar Mammadli (2014) et Ales Bialiatski (2013).