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Combattre le racisme à la racine en favorisant le travail parlementaire et interparlementaire

Alliance parlementaire contre la haine, Paris

« L'existence d’un racisme structurel et institutionnel, son ampleur et sa corrélation historique souffrent véritablement d’un manque de reconnaissance dans le débat politique et public », selon Momodou Malcolm Jallow (Suède, GUE), rapporteur général de l'APCE sur la lutte contre le racisme et l'intolérance. « Les cas de violations des droits humains touchant par exemple des personnes d'origine africaine ou des musulmans ne sont pas suffisamment pris en compte et ne sont souvent pas condamnés publiquement, même lorsqu'ils sont avérés. Cela doit changer », a-t-il déclaré à l'ouverture d'une conférence parlementaire sur « Diversité, inclusion et non-discrimination contre le racisme et l'intolérance en Europe », qui s’est tenue aujourd'hui à Paris sur un mode hybride.

« Nous devons combattre le racisme à la racine et donc nous attaquer à son aspect structurel et historique. Nous devons aller au-delà de la lutte contre les aspects individuels du racisme et nous attaquer aux inégalités structurelles concernant les personnes ‘racialisées’ », a-t-il déclaré, déplorant que trop souvent, le croisement entre l'ethnicité, le genre, la religion et l'origine migratoire soient des marqueurs d'exclusion.

« Des étapes importantes ont été franchies non seulement dans l’action en faveur de l'égalité de genre, mais aussi dans les domaines de l'inclusion et de la non-discrimination à tous les niveaux en Suède et ailleurs, mais la démocratie ne peut jamais être considérée comme acquise », a averti Andreas Norlén, Président du Riksdag suédois. « Beaucoup peut être fait, tant dans les parlements que dans les travaux interparlementaires, pour promouvoir la démocratie, défendre les droits humains et combattre les discours de haine et l'intolérance », a-t-il déclaré, soulignant la responsabilité des parlementaires et saluant le travail de l‘Alliance parlementaire contre la haine.

Il considère également que la haine, les menaces et les violences à l’égard des élus constituaient une atteinte importante à a démocratie, évoquant le meurtre récent du député britannique David Amess, « un acte absolument horrible ».

Bjørn Berge, Secrétaire Général adjoint du Conseil de l'Europe, a rappelé que le Conseil de l'Europe travaillait avec les Etats membres pour les aider à « combler le fossé vers une véritable égalité ». Il a mentionné la Recommandation de politique générale sur la lutte contre le racisme et la discrimination raciale et les outils développés pour éradiquer le racisme institutionnalisé. « Nous avons également pris des mesures pour aider les États membres à lutter contre le racisme systémique », a-t-il déclaré, expliquant qu'il s'agissait plutôt de cas où la discrimination s'était ancrée dans le mode de fonctionnement des décideurs politiques, des employeurs et des prestataires de services, un processus « subtil, mais insidieux ».

Il a souligné que les politiques individuelles ne suffisaient pas et qu'en fin de compte, le changement devait venir de la base, annonçant que le Conseil de l'Europe travaillait sur « une approche globale pour lutter contre le discours de haine, y compris en ligne ».

Cette conférence était organisée par le Parlement suédois et la Commission sur l’égalité et la non-discrimination de l’APCE, dans le cadre des activités de l‘Alliance parlementaire contre la haine. Parmi les intervenant·e·s figurent notamment des parlementaires ; des représentant·e·s des Nations Unies, de l’Union européenne, et d’ONG ; le Médiateur pour l’Egalité suédois ; la membre de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) au titre de la Suède, et des universitaires.