25/01/2022 Session
Lors de son allocution aujourd’hui devant l’APCE, Željko Komšić, Président de la présidence de Bosnie-Herzégovine, a présenté la situation sociopolitique de son pays, après avoir rappelé les évènements historiques marquants depuis l’indépendance de la Bosnie-Herzégovine en 1992, notamment la période de guerre qui « a conduit à des horreurs sans précédent », et les développement politiques après les Accords de Dayton.
Evoquant le fonctionnement actuel des institutions, M. Komšić regrette que « l'application du concept de ‘peuples constitutifs’ et l’utilisation de quotas ethniques dans la prise de décision politique quotidienne au sein des institutions de Bosnie-Herzégovine, empêchent le pays de se stabiliser et de progresser », conduisant à des situations de blocage.
Il a dénoncé la « discrimination systémique » fondée sur le critère ethnique et le lieu de résidence comme conditions sine qua non pour toute forme d’activité politique, « ce qui a été établi dans cinq arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme ». « Je suis convaincu qu'il est nécessaire de parvenir à l'égalité pour chaque citoyen de Bosnie-Herzégovine afin de créer une société d'égalité des chances. Cela permettrait d'éliminer toutes les formes de discrimination liées au phénomène des ‘peuples constitutifs’ », a déclaré M. Komšić.
« Il est nécessaire de changer notre système politique, conformément à l'avis de la Commission de Venise de 2005, qui a indiqué tous les changements que la Bosnie-Herzégovine doit engager si elle veut faire partie des sociétés démocratiques modernes », a-t-il ajouté.
« Les modifications de la Constitution et de la loi électorale ne doivent pas être effectuées sans respecter les principes fondamentaux de la démocratie libérale, des droits de l'homme et de l'État de droit, car tout le reste conduira mon pays à une instabilité supplémentaire, et donc à l'instabilité de toute la région des Balkans occidentaux » a conclu le Président Komšić.