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L'APCE présente un ensemble de recommandations pour placer les droits humains au cœur du football

Les principaux acteurs du football doivent placer les valeurs des droits humains au cœur de ce sport, a déclaré l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) dans une résolution sur la gouvernance du football.

La résolution, basée sur le rapport préparé par Lord George Foulkes (Royaume-Uni, SOC), présente une série de recommandations pratiques détaillées à l'intention de la FIFA, de l'UEFA et d’autres grandes instances impliquées dans le football, afin de parvenir à la transparence, l'équité et la solidarité dans le financement du football, notamment la réforme du marché des transferts ; le respect par les pays hôtes des grands événements des obligations strictes en matière de droits humains, sociaux et environnementaux ; la protection les joueurs, en particulier les jeunes, contre les abus et l'exploitation ; et la promotion l'égalité de genre et la fin de la discrimination dans ce sport.

« Les affaires ne doivent pas prendre le pas sur les valeurs », ont déclaré les parlementaires, soulignant que les droits humains devaient toujours être le principal moteur des instances dirigeantes du football. Parmi d’autres aspects, l’Assemblée a souligné que les pays doivent satisfaire aux exigences fondamentales en matière de droits humains avant de pouvoir organiser des événements majeurs tels que la Coupe du monde, et tout pays où les femmes sont confrontées à une « discrimination manifeste dans leur accès au sport » devrait tout simplement être disqualifié.

S'adressant à l'Assemblée lors du débat, le Président de la FIFA, Giovanni Infantino, a notamment évoqué les droits de l'homme et des travailleurs au Qatar, et a souligné que "le changement ne vient pas rapidement, mais il se produit". Grâce à la Coupe du monde et à la lumière qu'apporte le football, a-t-il déclaré, le Qatar "a évolué en un temps record de quelques années seulement" dans les domaines de la législation du travail, de la protection des travailleurs et du salaire minimum, même si "il reste encore beaucoup à faire".

En ce qui concerne le système de transfert, "il s'agit aussi de solidarité et de valeurs, de formation et d'éducation", a-t-il déclaré. Vingt ans après le lancement d'un ensemble de règles sur les transferts, a-t-il souligné, "nous devons admettre que tout ne s'est pas passé comme nous l'avions espéré et que des changements sont nécessaires". Pour illustrer cela, il a souligné qu'en 2019, l'argent dépensé pour les transferts de joueurs de football était d'environ 7 milliards d'euros, dont 10% sont allés aux agents de joueurs et seulement 1% à la formation des joueurs et à la solidarité pour les clubs. "Quelque chose ne va pas, et nous y remédions", a-t-il déclaré.

Le projet de la FIFA d'organiser une Coupe du monde tous les deux ans pourrait avoir « des conséquences désastreuses pour le football européen »,a déclaré l’Assemblée. Elle a demandé instamment de ne pas aller de l'avant sans l'accord des parties prenantes européennes et du CIO. La FIFA devrait avoir le droit de réglementer le système de transfert mondial, ainsi que les agents et les intermédiaires, et devrait trouver un accord équilibré pour plafonner les frais de transfert des agents.

Les associations nationales devraient promouvoir l'égalité des salaires et des récompenses pour les joueurs des équipes nationales, quel que soit leur sexe. Il faudrait également davantage de fonds et de ressources pour créer un environnement plus sûr pour les enfants et les adolescents qui jouent au football, et pour lutter contre les abus sexuels dans ce sport.

En fin, une agence « Sport en toute sécurité », un organisme multisports, interinstitutionnel et intergouvernemental chargé de traiter les cas d'abus dans le sport, devrait être crée.