23/02/2022 Questions juridiques et droits de l'homme
Les rapporteurs généraux de l'APCE sur la liberté et la protection des journalistes, Mogens Jensen (Danemark, SOC), et sur la situation des défenseur.e.s des droits de l'homme, Sunna Ævarsdóttir (Islande, SOC), ont exprimé leur vive préoccupation concernant les informations selon lesquelles la police islandaise mène une enquête pour déterminer si quatre journalistes ont violé les dispositions pénales récemment amendées sur la protection de la vie privée.
« L'interrogatoire des journalistes par la police pour avoir écrit des articles est une méthode utilisée par les autorités de plusieurs États membres afin d'intimider les journalistes. Il est inquiétant de voir l'Islande, pays souvent considéré comme un modèle en matière de protection des droits humains, utiliser de telles méthodes et je l'appelle à reconsidérer son approche », a déclaré M. Jensen. « La police a annoncé que les journalistes avaient le statut de suspects et qu'ils seraient interrogés dans les jours à venir. S'ils sont poursuivis et reconnus coupables, ils risquent jusqu'à un an d'emprisonnement », a-t-il ajouté.
Mme Ævarsdóttir a rappelé que « les journalistes étaient soupçonnés d'avoir violé la loi sur la protection de la vie privée pour avoir écrit des articles basés sur des données privées qui leur avaient été fournies par une source. Ces données ont révélé qu'un groupe de personnes travaillant pour Samherji Holding, une entreprise de pêche au centre du scandale international #FishrotFiles, avait œuvré en coulisse pour intimider et discréditer les journalistes qui ont révélé le scandale ; ils ont également collecté des informations privées sur diverses autres personnes considérées comme une menace pour l'entreprise dans le but de les discréditer. Les journalistes ont également découvert que ce groupe, qui se fait appeler la Samherji Guerilla Division, avait prévu d'intimider Jóhannes Stefánsson, lanceur d'alerte et témoin clé de l'accusation en Namibie, afin de l'empêcher de témoigner contre le Président de Samherji dans l'affaire Fishrot ».
« Je suis attristée d'assister à la détérioration de la liberté de la presse en Islande, mon pays d'origine, qui est devenue de plus en plus alarmante à la suite du scandale Fishrot. Ces journalistes sont traités comme des criminels pour avoir écrit des informations dans l'intérêt du public et cela doit cesser à présent », a-t-elle ajouté.