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Appel aux hommes et aux garçons pour qu'ils deviennent des alliés dans la lutte contre la violence fondée sur le genre

« L'égalité des genres ne peut être atteinte qu'en impliquant tous les genres. Le patriarcat est également préjudiciable aux hommes. Trop souvent, les hommes pensent que la violence fondée sur le genre ne les concerne pas », a déclaré Petra Stienen (Pays-Bas, ADLE), rapporteure de l'APCE sur « Le rôle des hommes et des garçons dans la lutte contre la violence fondée sur le genre » lors d'une audition conjointe organisée par la Commission sur l'égalité et la non-discrimination et le Réseau parlementaire pour le droit des femmes de vivre sans violence hier à Strasbourg. Elle a souligné la nécessité pour les hommes de définir des normes de masculinité et de s'intéresser aux bonnes pratiques, telles que les mouvements mondiaux montrant comment impliquer les hommes et les garçons.

« L'égalité des genres est bénéfique aux hommes eux-mêmes. Il est important de travailler avec les garçons et les hommes. La transition vers la paternité est un moment crucial pour travailler sur l'égalité. Nous devons promouvoir une approche plus équitable de la parentalité », a souligné Giovanna Lauro, PhD, Vice-présidente des programmes et de la recherche chez Promundo-US. Elle a souligné l'importance d'impliquer les hommes dès leur plus jeune âge : les hommes qui ont été témoins de violences à l'encontre de leur propre mère lorsqu'ils étaient enfants sont 2,5 fois plus susceptibles de devenir auteurs de violences plus tard, et un homme sur trois a été témoin de telles violences.

« Lorsqu'il s'agit de travailler avec les garçons sur la lutte contre la violence fondée sur le genre, nous ne devons pas les mettre dans une boîte. Nous avons besoin qu'ils soient conscients des structures de pouvoir. Les stéréotypes sur les 'vrais hommes', exprimés par des dictons tels que 'les garçons ne pleurent pas', comptent parmi les plus grands obstacles à l'égalité », a rappelé Teresa Schweiger, membre autrichienne et Co-coordinatrice de MenEngage Europe, soulignant la nécessité pour les hommes de refuser la violence fondée sur le genre lorsqu'ils en sont témoins et de servir de modèles.

Pour Ivan Jablonka, professeur d'histoire à l’université Sorbonne Paris Nord et membre de l'Institut universitaire de France, « les hommes ont été à l'avant-garde de toutes les batailles, sauf celle de l'égalité des genres ». Il a appelé à une « justice de genre » : « Nous pouvons avoir un ‘gender new deal’, une capacité à inventer une nouvelle répartition des pouvoirs. Nous devons échapper à la prison du genre et accepter notre vulnérabilité. Nous ne devons pas être des hommes archaïques façonnés par le patriarcat », a-t-il déclaré. Il a souligné la nécessité pour les hommes de remettre en question les relations de pouvoir, l'importance de vivre l'égalité dans la pratique en partageant le pouvoir et d'inventer de « nouvelles solidarités » en s’engageant pour les droits des femmes.

Zita Gurmai (Hongrie, SOC), Rapporteure générale de l'APCE sur la violence à l'égard des femmes et Coordinatrice du Réseau parlementaire pour le droit des femmes de vivre sans violence, a présidé la réunion. Les participant∙e∙s ont également pris la parole pour partager leurs bonnes pratiques et expériences, en particulier au niveau national.