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L'APCE organise un panel de haut niveau sur 'Défendre la sécurité démocratique en Europe'

S’exprimant à l’ouverture d’un panel de discussion de haut niveau sur « Défendre la sécurité démocratique en Europe », le Président de l'APCE, Tiny Kox, a souligné que l'agression de la Fédération de Russie contre l'Ukraine constituait non seulement une menace directe et réelle pour la paix et la stabilité sur le continent, mais qu'elle avait aussi gravement endommagé les mécanismes de coopération multilatérale créés il y a 73 ans.

« Aujourd'hui, nous sommes solidaires de millions de citoyens européens, en premier lieu des Ukrainiens, mais aussi de millions de citoyens européens qui ne sont pas directement touchés par la guerre, notamment ceux qui, en Fédération de Russie et au Bélarus, s'opposent à la guerre et s'efforcent de défendre la démocratie et les droits fondamentaux contre des gouvernements autoritaires et non démocratiques », a-t-il déclaré.

« Le Conseil de l'Europe n'est pas en charge de la 'sécurité dure'. Son rôle pour faire face aux conséquences de la guerre d'agression qui se déroule sur le continent est néanmoins extrêmement important. Car une paix durable ne peut se construire sans le respect de la démocratie, des droits humains et de l'État de droit. C'est ce qu'est la sécurité démocratique », a conclu Tiny Kox.

« Pour garantir la démocratie, il faut protéger la mosaïque d'institutions qui, collectivement, obligent les États et nous tous à rendre des comptes. Cela signifie sauvegarder la liberté d'expression, d'association et de réunion. Cela signifie promouvoir un système judiciaire indépendant, impartial et efficace. Cela signifie garantir l'intégrité absolue de nos systèmes électoraux », a déclaré le ministre irlandais des Affaires étrangères et de la Défense, Simon Coveney, s'exprimant au nom de la Présidence irlandaise du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe.

« La démocratie est un métal précieux, mais qui se ternit facilement. Sans liberté de la presse, sans une société civile dynamique, sans tribunaux indépendants, la démocratie se corrode. Nous avons vu les conséquences lorsque cela se produit. Avec le temps, progressivement, puis soudainement, elle peut s'effondrer en autocratie. Si nous voulons éviter cette tendance, nous devons, en tant que dirigeants démocratiquement élus, nous engager à nouveau à respecter les premiers principes du Conseil de l'Europe », a ajouté M. Coveney.

« C'est pourquoi, dans le contexte de la guerre sur notre continent, je crois qu'il est temps de convoquer un quatrième sommet des dirigeants du Conseil », a-t-il déclaré. « C'est pourquoi l'Irlande a fait du soutien aux institutions centrales du Conseil, et surtout à la Cour européenne des droits de l'homme, la priorité de notre présidence dans les mois à venir ».

« Nous devons avoir plus de Conseil de l'Europe dans la vie des Bélarusses, et plus de Bélarus dans le Conseil de l'Europe », a déclaré la chef de l'opposition bélarusse Sviatlana Tsikhanouskaya, appelant le Conseil de l'Europe à créer un Comité directeur sur les relations avec le Bélarus.

« Malgré des progrès remarquables, la tragédie de l'Europe évoquée par Churchill à Zurich n'est pas encore terminée. Les feux de la guerre brûlent à nouveau sur notre continent – et à nouveau, des voix se font entendre pour nous inciter à apaiser, plutôt qu'à nous opposer à ce comportement. C'est l'antithèse de tout ce que cette Organisation représente. Mesdames et Messieurs, nous devons, une fois pour toutes, mettre fin à la tragédie de l'Europe », a-t-elle déclaré.

« Notre victoire aux élections de 2020 était un message fort et clair – nous sommes des Européens, et nous voulons récupérer notre pays, pour nous, les Bélarusses, et pour l'Europe. La tragédie du Bélarus deviendra une nouvelle tragédie de l'Europe si elle ne fait pas l'objet d'une réponse déterminée, pratique et fondée sur des principes », a déclaré Mme Tsikhanouskaya.

« La société civile et les défenseurs des droits humains au Bélarus et au-delà ont besoin de notre soutien », a souligné le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto. Au Bélarus, le régime a liquidé plus de 300 ONG, et plus de 1200 personnes sont actuellement des prisonniers politiques. Ces personnes doivent être libérées immédiatement et sans conditions préalables, a-t-il souligné ».

M. Haavisto a déclaré que l'Europe se trouvait à un carrefour historique, où le soutien aux forces démocratiques était très demandé. « Nous devons faire preuve d'innovation pour trouver des moyens de soutenir la société civile, les défenseurs des droits de l'homme et les médias libres au Bélarus – et, de manière distincte, également en Russie. Cela peut se faire par le biais du dialogue et des outils dont nous disposons – et des outils qui doivent encore être créés », a-t-il déclaré.

S'adressant directement à Mme Tsikhanouskaya, il a souligné que les groupes et partis d'opposition étaient tout aussi dignes de soutien. « Le Conseil de l'Europe peut jouer un rôle en manifestant un soutien concret aux groupes d'opposition qui œuvrent pour la démocratie et les droits de l'homme. La démocratie a besoin de personnes qui travaillent sans relâche pour contrer les actions de dirigeants autoritaires. Vous êtes l'une de ces personnes courageuses », a conclu M. Haavisto.

« Le moment est venu de tenir un quatrième sommet des chefs d'État et de gouvernement », afin de convenir de la meilleure façon de nous adapter à la nouvelle architecture géopolitique de l’Europe et de renforcer davantage la sécurité démocratique pour les années à venir, la Secrétaire Générale du Conseil de l’Europe Marija Pejčinović Burić.

« La montée de l’extrémisme populiste et nationaliste constitue une menace directe pour nos valeurs, pour le multilatéralisme et la sécurité démocratique. L’exemple le plus flagrant en est l’agression brutale de l’Ukraine par la Fédération de Russie », a-t-elle ajouté.

« Nous sommes désormais tous unis aux côtés de l’Ukraine », a déclaré la Secrétaire Générale. C’est la raison pour laquelle le Conseil de l’Europe a décidé de rouvrir son bureau de Kyiv, d’aider le ministère public dans les enquêtes sur les violations flagrantes des droits de l’homme et d’adapter son Plan d’action pour l’Ukraine », a-t-elle conclu.