04/07/2022 Suivi
Suite à leur visite à Tirana du 29 juin au 1er juillet 2022, les corapporteurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) pour le suivi des obligations et engagements de l'Albanie, Joseph O'Reilly (Irlande, PPE/DC) et Asim Mollazada (Azerbaïdjan, CE/AD), ont salué des progrès notables en matière de réforme du système judiciaire et de lutte contre la corruption, mais ont souligné la nécessité d'une mise en œuvre cohérente, afin de produire les résultats tangibles attendus par la société albanaise.
Les corapporteurs ont notamment salué la récente extension du mandat des organes de contrôle du système judiciaire albanais, car le nombre élevé de licenciements résultant du contrôle souligne le besoin d'une telle procédure. Ils se sont également félicités du fait que les organes spéciaux de lutte contre la corruption et le crime organisé soient désormais pleinement établis et opérationnels, ce qui, espèrent les rapporteurs, se traduira désormais par une augmentation marquée des inculpations et des condamnations pour corruption - particulièrement à haut niveau. « Le fait que l'Albanie obtienne toujours un score très bas dans l'indice de perception de la corruption de Transparency International et ait même descendu dans le classement en 2021, souligne la persistence de la corruption en Albanie et la nécessité pour toutes les parties prenantes d'intensifier leurs efforts dans la lutte contre cette menace pour le fonctionnement des institutions démocratiques du pays », ont souligné les corapporteurs.
Malgré des progrès continus en ce qui concerne le fonctionnement des institutions démocratiques, l'environnement médiatique reste une source de préoccupation pour les rapporteurs. Tout en se félicitant des garanties de la majorité au pouvoir selon lesquelles elle n'a plus l'intention de poursuivre le paquet de mesures controversé sur la diffamation, ils ont appelé à ce que ces amendements à la loi sur les médias soient désormais officiellement retirés de l'ordre du jour du parlement, car ils continuent d'être suspendus comme une 'épée' de Damoclès sur l'environnement médiatique. Dans le même temps, ils ont demandé instamment aux médias albanais de mettre en place un système approprié de mécanismes d'autorégulation pour renforcer l'éthique des reportages.
Les corapporteurs ont salué le fait que, depuis leur dernière visite, l'opposition soit pleinement revenue au parlement. Cependant, ils se sont dits préoccupés par les tribulations au sein du principal parti d'opposition et le risque que cela se répercute sur l'environnement politique national, ce qui pourrait saper le fonctionnement pluraliste des institutions démocratiques du pays. « Toutes les démocraties ont besoin d'une opposition qui fonctionne bien pour garantir un système adéquat de contre-pouvoirs. Nous exhortons donc le Parti démocrate à surmonter ses divergences internes et à jouer son rôle important dans la gouvernance du pays. Toutes les parties doivent y être impliquées », ont-ils souligné.
Enfin, les rapporteurs ont rendu hommage à la société multiculturelle et multiconfessionnelle de l'Albanie ainsi qu'à la prédominance des femmes dans le gouvernement albanais, tout en soulignant le rôle prépondérant que jouent les femmes dans la vie politique du pays.