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Violence numérique à l'égard des femmes : un enjeu pénal mais aussi un enjeu de justice sociale et de démocratie

Réunion de la Commission permanente à Reykjavik

A l'ouverture d'un événement organisé à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, célébrée chaque année le 25 novembre, le Président de l'APCE, Tiny Kox, a souligné que si des avancées importantes dans la lutte contre la violence fondée sur le genre avaient été obtenues au cours de décennies de militantisme, « il était clair que les récents progrès technologiques avaient instauré de nouvelles formes de violence à l'égard des femmes, comme la violence numérique, et qu'il était urgent d'y remédier ».

En effet, les nouveaux outils en ligne, qui se sont avérés extrêmement utiles pour prévenir la criminalité et protéger les victimes, « ont également créé de nouvelles menaces s'ils ne sont pas bien utilisés ». Les nouvelles formes de violence, telles que le cyberharcèlement, le chantage électronique, le doxing ou le cyber-flashing, constituent une évolution particulièrement inquiétante, notamment – mais pas seulement – pour la jeune génération, très active en ligne.

« La pression est mise et nous devons la maintenir. Dans tous nos États membres, nous constatons un recul, une polarisation et une augmentation des discours de haine et de la violence en ligne. En tant que parlementaires, nous devons dire non à la violence à l'égard des femmes et donner l'exemple en montrant comment y mettre fin, notamment sous ses formes numériques », a-t-il conclu.

Ragnhildur Arnljótsdóttir, représentante permanente de l'Islande auprès du Conseil de l'Europe, s’est exprimée au nom de la Première ministre et du ministre de l'Égalité islandaise. « Il est inacceptable que des femmes de tous âges ne soient pas en sécurité – tant dans le monde physique que dans le monde numérique. Nous savons que la sûreté et la sécurité sont nécessaires pour pouvoir participer à la société ; et pour une société juste, égale et prospère, les femmes doivent avoir la possibilité de participer et de contribuer pleinement. La violence numérique fondée sur le genre n'est donc pas seulement une question pénale, mais aussi une question de justice sociale et de démocratie », a-t-elle déclaré.

La lutte contre la violence fondée sur le genre est une priorité pour le gouvernement islandais, a-t-elle ajouté. « Une action a été mise en place pour faire face à l'augmentation de la violence sexuelle numérique en ligne en réformant le droit pénal. L'Islande est également fière d'être coleader de la coalition d'action contre la violence fondée sur le genre au sein du Forum pour l'égalité des générations d'ONU Femmes, et le Parlement islandais a adopté une résolution parlementaire pour la mise en place d’un un plan 2019-2022 proposant des mesures contre la violence et ses conséquences ».

Mais malgré tous les efforts déployés dans cette lutte importante, « il reste encore beaucoup à faire, et nous devons continuer à travailler jusqu'à ce que nous ayons garanti de manière exhaustive que nos politiques et nos lois protègent toutes les femmes de toutes les formes de violence et de harcèlement. Nous ne connaîtrons jamais l'égalité totale entre les sexes tant que la violence sexiste sous toutes ses formes n'aura pas été éliminée », a-t-elle conclu.

« Les facteurs essentiels de réussite dans la lutte contre la violence numérique sont la volonté politique, un discours social élaboré et la sensibilisation du public », a déclaré Maria Rún Bjarnadóttir, avocate au Commissariat national de la police islandaise et membre du GREVIO.

L'approche islandaise dans ce domaine, a-t-elle souligné, repose sur une prévention et une éducation ciblées, une mise à jour du système de justice pénale et un soutien complet aux victimes. Ce dernier aspect, a-t-elle expliqué, repose sur le renforcement des services d'assistance existants, combiné à la mise en place de mesures techniques visant à retirer ou à limiter la diffusion de matériel, et à la coopération avec les plateformes et les fournisseurs d'accès Internet.

La prévention et l'éducation sont essentielles, a-t-elle ajouté, grâce à la coordination avec un large éventail de parties prenantes dans le domaine, à la concentration sur les auteurs, à la collaboration avec le service d'assistance téléphonique 112 et à l'accès général aux informations sur la sécurité numérique.

Ævar Pálmi Pálmason, Chef de la division des enquêtes sur les infractions sexuelles de la police de Reyjkavik, a souligné que pour lutter contre la violence numérique à l'égard des femmes, chacun.e devait agir d'une manière ou d'une autre. L'accès à l'internet et aux appareils intelligents est en constante augmentation, non seulement pour les enfants, mais aussi pour les personnes âgées. « Les personnes âgées constituent un groupe croissant qu'il ne faut pas oublier, car elles sont déjà exposées au risque d'isolement, et si elles sont exposées à des atteintes en ligne, elles risquent d'être encore plus isolées », a-t-il indiqué.

Selon toutes les études, la violence sur l'internet est un problème croissant. Les femmes courent un risque beaucoup plus élevé d'être exposées à la violence en ligne. « Nous devons éduquer les enfants et les jeunes générations sur la manière de se comporter sur l'internet. Mais nous devons également éduquer les adultes. Nous devons éduquer et former les professionnels travaillant dans le système judiciaire, les policiers, les procureurs, les juges. Nous devons nous concentrer sur la prévention et, enfin, « accroître l'efficacité et actualiser le système juridique, comme le traité d'entraide judiciaire », a-t-il conclu.