03/03/2023 Commission permanente
« La lutte contre la violence à l'égard des femmes ne doit plus être considérée sous l’angle féministe, mais comme une question de droits humains ; c'est l'affaire de toute la communauté, en particulier celle des hommes et des garçons, qui devraient manifester un soutien visible et sans faille » a déclaré Tiny Kox, Président de l’APCE, à l’ouverture d’une table ronde sur « Le rôle des hommes et des garçons dans l’élimination de la violence fondée sur le genre ».
Le Président Kox considère qu'il est essentiel de mettre l'accent sur l'éducation afin de faire évoluer les mentalités, estimant que « la plupart des hommes et des garçons ne sont pas violents par nature ». « Les hommes devraient cesser d'être généralement associés au pilier ‘poursuites’ de la Convention d'Istanbul pour être plus étroitement associés aux piliers ‘prévention’, ‘protection’ et ‘coordination des politiques’, a-t-il ajouté. Ainsi, ils ne feraient pas uniquement partie du problème, mais ils deviendraient une partie de la solution.
Pascalle Grotenhuis, directrice du Développement social au ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, a expliqué comment son pays avait réussi à concevoir une politique étrangère féministe avec le soutien d'alliés masculins.
Bjørn Berge, Secrétaire Général adjoint du Conseil de l'Europe, a rappelé que la Convention d'Istanbul, « la référence absolue en la matière », faisait clairement référence au sujet, et encourageait tous les membres de la société « en particulier les hommes et les garçons » à « contribuer activement à la prévention de toutes les formes de violence » entrant dans son champ d'application. Il a donné trois exemples concrets, en Andorre, au Royaume-Uni et en Estonie, illustrant l'implication des hommes et des garçons, en tant qu'acteurs du changement. Il a également indiqué qu’une nouvelle stratégie du Conseil de l'Europe pour l'égalité de genre – qui s'appliquera de 2024 à 2029 – sera adoptée lors de la session plénière de la Commission pour l'égalité de genre en novembre prochain.
Even Eriksen, rapporteur général de l'APCE sur la violence à l'égard des femmes, estime que la promotion d'un partage équitable des charges familiales entre les femmes et les hommes, sera un pas vers davantage d'égalité entre les sexes. « S'occuper des enfants n'est pas assigné aux femmes ou aux hommes. C'est une responsabilité qui incombe à tous les parents. Les valeurs familiales dites traditionnelles visent à promouvoir un système patriarcal, fondé sur de supposés statuts différents des femmes et des hommes », a-t-il déclaré, appelant au partage des responsabilités de soins, qui doit être facilité pour toutes les professions.
« Lorsque nous examinons les statistiques, nous constatons que la violence fondée sur le genre a, dans la plupart des cas, un visage masculin. Tous les hommes ne sont pas des auteurs de violences, mais la plupart des auteurs de violences fondées sur le genre sont des hommes, partout dans le monde, indépendamment de la culture, de la religion, de l'ethnie, du milieu social et de la classe économique, a déclaré Petra Stienen, (Pays-Bas, ADLE), Présidente de la délégation néerlandaise auprès de l'APCE et rapporteure de l'APCE sur cette question, qui a animé la discussion. « Impliquer les hommes et les garçons dans la lutte contre ce fléau n'est pas seulement l'affaire des mères et des pères, c'est une question de société », a-t-elle ajouté.
Dans ses remarques finales, la Secrétaire Générale de l'APCE, Despina Chatzivassiliou-Tsovilis, a présenté un aperçu des points clés et des actions mises en avant par les panélistes et les participants, et a fait des propositions en vue de poursuivre les travaux sur ces questions. Elle a souligné, notamment, que le changement et l'éducation étaient des éléments essentiels. « Nous devons tous changer nos mentalités et nos comportements, et éduquer nos sociétés sur l'importance de mettre fin à la discrimination et d'offrir des opportunités égales pour tous », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que l'égalité de genre et les droits des femmes n'étaient pas une question de « droit des femmes », mais une question de « droits humains globaux ».
Elle a donné l'exemple de l'Assemblée, où des efforts étaient déployés pour « s'efforcer de créer un environnement de tolérance zéro pour les comportements abusifs ». À cet égard, « nous avons révisé le Code de conduite des membres de l'APCE, en introduisant l'interdiction explicite du sexisme, du harcèlement sexuel et des violences sexuelles, pour lesquels les parlementaires peuvent être sanctionnés », a-t-elle indiqué.
« Nous avons besoin de tout le monde pour apporter le changement, y compris la société civile, les gouvernements, les parlements, le secteur privé, les médias, la police et, bien sûr, les femmes et les hommes, les garçons et les filles », a-t-elle conclu.
Des discussions thématiques ont été l’occasion de fournir des exemples de bonnes pratiques et d’identifier des mesures pour impliquer davantage les hommes et les garçons dans la lutte contre la violence fondée sur le genre.
Cet évènement a été organisé par la Division de la coopération interparlementaire et de soutien des projets parlementaires de l’APCE, en coopération avec Femmes@APCE, le réseau pour le droit des femmes de vivre sans violence et la délégation néerlandaise auprès de l’APCE.