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Selon les observateurs internationaux, l’élection présidentielle au Monténégro a été bien organisée et a permis une véritable mise en concurrence des candidats, malgré des propos agressifs et des incertitudes juridiques

Elections présidentielles Monténégro 2023

Le deuxième tour de l’élection présidentielle au Monténégro a permis une véritable mise en concurrence et, comme au premier tour, les candidats ont pu faire campagne librement, dans un environnement où les libertés fondamentales étaient respectées, mais le ton s’est durci et les lacunes du cadre juridique sont devenues de plus en plus évidentes, ont déclaré les observateurs internationaux dans un communiqué.

La mission d’observation conjointe du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE, du Parlement européen (PE) et de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a constaté que, si le cadre juridique est adéquat pour des élections démocratiques, la quasi-totalité des aspects du deuxième tour sont en revanche insuffisamment réglementés. Ces insuffisances, qui concernent notamment l’administration des élections, l’inscription des électeurs, la campagne et son financement, et les médias, créent une grande incertitude juridique. Dans le même temps, l'administration électorale a comblé certaines lacunes juridiques et ajouté des garanties importantes, qui ont renforcé l'intégrité du processus dans son ensemble.

« Il y a eu un véritable débat politique au Monténégro avant le second tour, et les deux candidats ont eu l'occasion de s'adresser aux électeurs », a déclaré Tamás Meszerics, chef de la mission d'observation électorale du BIDDH. « Mais, pour renforcer le processus démocratique, il est urgent que le pays travaille sur son cadre juridique afin de combler les lacunes et de garantir la transparence et la responsabilité. »

Globalement, l’entre-deux-tours a été bien géré. Toutefois, les observateurs ont noté que bon nombre des résultats du premier tour n'avaient pas été publiés, ce qui a entraîné un manque de transparence, et qu'il n'y avait pas de possibilité de contester les résultats de manière effective avant le deuxième tour. En outre, et malgré les lacunes procédurales identifiées lors du premier tour, aucune formation complémentaire n'a été organisée à l'intention du personnel électoral concerné. Il est inquiétant de constater qu’une organisation d’observateurs citoyens a reçu de graves menaces avant le second tour. Le jour du scrutin s’est largement déroulé dans le calme et les opérations de vote étaient bien gérées.

« L’atmosphère généralement pacifique que nous avons observée le jour du scrutin, lors de ce second tour de l’élection présidentielle, confirme notre impression positive d’un attachement des citoyens monténégrins à la démocratie », a déclaré Georgios Kyrtsos, chef de la délégation du PE. « Les membres des bureaux électoraux ont fait preuve d'engagement et d'une bonne coopération entre eux, en aidant les électeurs tout au long des opérations de vote. Cela a permis au scrutin de se dérouler avec fluidité dans tous les bureaux de vote que nous avons observés. »

Alors que le calme avait généralement prévalu lors de la campagne, le ton s’est durci avant le deuxième tour, dans la mesure où les candidats ont cherché à se discréditer mutuellement dans leurs messages de campagne. Les électeurs ont eu des occasions supplémentaires de s'informer sur les candidats, notamment par le biais d'un débat télévisé.

« En participant à ce scrutin présidentiel dans un climat aussi détendu, les Monténégrins ont prouvé que leur pays avait atteint un niveau élevé de culture démocratique et ils méritent d'être félicités », a déclaré Joe O'Reilly, chef de la délégation de l'APCE. « Ce qui importe maintenant, c’est que le Monténégro poursuive sa trajectoire d’intégration européenne et euro-atlantique, sans ingérence négative venue de l’extérieur. Il est également essentiel que les institutions de l'État monténégrin collaborent de bonne foi, en vue de faciliter le fonctionnement de la structure politique et législative du pays. Nous espérons que cette élection présidentielle et les prochaines élections législatives y contribueront. »

Bien que les deux candidats aient bénéficié d’un égal accès aux médias publics, il a été noté que tant les chaînes de radio et de télévision du secteur public que les médias privés avaient fait preuve de partialité dans leur couverture de la campagne. En général, le paysage médiatique est resté marqué par des clivages politiques avant le second tour, et les organes de presse sont restés très vulnérables à l'influence interne et externe d’intérêts commerciaux et politiques.

L’observation internationale du deuxième tour de l’élection présidentielle au Monténégro a mobilisé au total 38 observateurs de 27 pays : 28 de ces personnes étaient des experts et des observateurs à long terme déployés par le BIDDH, 3 étaient déployées par l’APCE et 7 par le PE.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :

Katya Andrusz, BIDDH : +48 609 522 266 ou [email protected]

Gonzalo de Mendoza Asensi, PE : + 32 460 76 44 16 ou [email protected]

Bogdan Torcătoriu, APCE : +382 63230913 ou [email protected]