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Un rapporteur de l'APCE cherche à accéder au corridor de Latchine pour constater la situation sur le terrain

Paul Gavan (Irlande, GUE)

Paul Gavan (Irlande, GUE), rapporteur sur le thème "Traiter les conséquences humanitaires du blocus du corridor de Latchine" a fait la déclaration suivante :

"Le 23 avril 2023, j'ai été informé qu'un poste de contrôle aux frontières avait été établi par la République d'Azerbaïdjan au point de départ de la route de Latchine.

Cette action unilatérale de l'Azerbaïdjan intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de l'obstruction du corridor de Latchine, seule voie de communication ouverte entre la région du Haut-Karabakh* et l'Arménie depuis le 12 décembre 2022. Le principe d'accès ouvert et sûr à ce corridor a été établi et convenu dans la Déclaration trilatérale du 9 novembre 2020.

L'Assemblée parlementaire a suivi de près cette situation, notamment dans le cadre d'un débat d'actualité en janvier, d'une note d'information des corapporteur.e.s de l'APCE pour le suivi de l'Arménie, Kimmo Kiljunen (Finlande, SOC) et Boriana Åberg (Suède, PPE/DC), et d'une déclaration de la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme, toutes deux publiées en mars. Suite à une décision du Bureau, j'ai été nommé Rapporteur sur le thème "Traiter les conséquences humanitaires du blocus du corridor de Latchine" par la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées le 15 mars 2023. J'ai déjà eu l’occasion de rédiger un rapport sur les "Conséquences humanitaires du conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan / conflit du Haut-Karabakh" en 2021.

L'Azerbaïdjan allègue une utilisation systématique et à grande échelle de la route de Latchine à des fins illicites, en violation de la déclaration trilatérale du 10 novembre 2020, ce qui, selon les autorités, constitue une menace pour la sécurité du pays. Sans accès à la zone, il n'est pas possible de vérifier ces affirmations. D'autre part, les souffrances des habitant.e.s du Haut-Karabakh ainsi que la grave crise humanitaire qui en résulte ont déjà été bien documentées.

Depuis des mois, nous assistons à une escalade inquiétante dans la région, aussi bien dans la rhétorique que dans les faits. Il est impératif que les deux parties contribuent à trouver une solution pour empêcher l'aggravation de la situation des personnes vivant au Nagorno-Karabakh. Mon rapport sur la situation doit être préparé sans délai. J'ai l'intention de me rendre en Arménie et en Azerbaïdjan, y compris dans la région en question, au cours de la dernière semaine du mois de mai.

Au cours de ma visite, qui doit me donner l’occasion sur place d’une compréhension de première main des conditions dans le corridor de Latchine, je suis prêt à rencontrer tous les interlocuteurs concernés. Malgré le regrettable regain de tension de ces derniers jours, je reste persuadé que je pourrai compter sur la coopération et la bonne volonté de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan.

Mon objectif est de produire un rapport juste, précis et honnête, ce qui sera difficile à réaliser si je ne suis pas autorisé à constater de mes propres yeux si l'accès au corridor de Latchine est libre et sûr, comme le prévoit la déclaration trilatérale du 9 novembre 2020."

(*) Rien dans ce document ne peut être interprété comme étant contraire au plein respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan à l'intérieur de leurs frontières internationalement reconnues, aux dispositions des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU de 1993 et à la déclaration trilatérale du Président de la République d'Azerbaïdjan, le Premier ministre de la République d'Arménie et le Président de la Fédération de Russie du 9 novembre 2020.