27/04/2023 Suivi
Les co-rapporteurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) pour le suivi de la Turquie, John Howell (Royaume-Uni, CE/DA) et Stefan Schennach (Autriche, SOC), ont réagi aux récentes descentes de police dans le pays visant des hommes politiques, des avocats, des journalistes et des militants de la société civile.
"Le 25 avril, au moins 110 personnes ont été arrêtées dans 21 provinces turques, accusées de financer le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ou d'aider à recruter de nouveaux membres. Leurs bureaux et leurs domiciles ont été perquisitionnés.
Nous sommes consternés par ces événements, qui ont un effet dissuasif sur les prochaines élections présidentielles et législatives, prévues pour le 14 mai. Nous sommes particulièrement inquiets de la détention de membres du Parti démocratique des peuples (HDP, opposition), d'avocats, qui pourraient contrôler la sécurité des élections, et de journalistes indépendants, qui pourraient couvrir d'éventuelles allégations de fraude électorale.
Il s'agit là d'un autre exemple de l'environnement restrictif et répressif dans lequel les représentants de l'opposition et de la société civile opèrent. Des préoccupations similaires ont déjà été exprimées par l'Assemblée dans sa Résolution 2459 (2022) en octobre dernier, et par sa délégation préélectorale lors de sa récente visite en Turquie.
Nous appelons les autorités à mener des enquêtes approfondies et équitables sur ces arrestations et sur la validité des allégations sérieuses d'infractions liées au terrorisme, conformément aux normes internationales en matière de droits de l'homme. En outre, nous demandons aux autorités de mettre fin à toutes les formes de représailles contre les politiciens, les avocats, les journalistes et les militants de la société civile.
Une fois de plus, nous demandons instamment aux autorités de veiller à ce que toutes les conditions soient réunies pour garantir des élections libres et équitables, y compris la capacité de l'opposition à opérer et le droit à la liberté d'expression des journalistes et des autres représentants de la société civile".