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Des rapporteurs de l'APCE appellent les autorités azerbaïdjanaises à libérer immédiatement Ulvi Hasanli

 Ulvi Hasanli, Abzas Media

Hannah Bardell (Royaume-Uni, NI), rapporteure de l'APCE sur les « menaces d’atteinte à la vie et à la sécurité des journalistes et des défenseurs des droits humains en Azerbaïdjan ; Mogens Jensen (Danemark, SOC), rapporteur général de l'APCE sur la liberté des médias et la sécurité des journalistes, et Sunna Aevarsdottir (Islande, SOC), rapporteure générale de l'APCE sur les prisonniers politiques, ont réagi à l’annonce de l'arrestation et des mauvais traitements présumés d'Ulvi Hasanli, fondateur et Directeur exécutif d'Abzas Media, média indépendant en ligne :

« Nous exprimons notre plus vive inquiétude concernant l'arrestation et le maintien en détention d'Ulvi Hasanli, apparemment dans le but de le réduire au silence suite à son enquête sur la corruption du gouvernement. Nous sommes également alarmés par les informations faisant état des mauvais traitements qu'il a subis récemment de la part des autorités azerbaïdjanaises.

Au début de cette année, M. Hasanli a participé à une audition conjointe de trois commissions de l'APCE sur les menaces pesant sur la vie et la sécurité des journalistes et des défenseurs des droits humains en Azerbaïdjan. Il a expliqué comment les autorités azerbaïdjanaises avaient espionné des journalistes et des défenseurs des droits humains dans le but de les discréditer en révélant des informations intimes sur leur vie privée. Il a également déclaré que les manifestants et les journalistes étaient violemment maltraités par la police, qui jouissait d'une impunité absolue pour ses actes. Il est presque inconcevable que l'une des rares voix encore indépendantes en Azerbaïdjan ait été arrêtée et détenue par les autorités dans le but de la faire taire pour avoir dénoncé leur corruption.

M. Hasanli, journaliste d'investigation expérimenté, a déjà été harcelé pour son engagement dans la défense des droits humains et de l'État de droit. Malgré son mauvais état de santé, il a été enrôlé dans l'armée, détenu arbitrairement et son travail de journaliste a été entravé par la police azerbaïdjanaise, qui lui a ordonné d'effacer des documents enregistrés lors de manifestations. Et pourtant, malgré toutes ces mesures visant à le dissuader de faire des reportages indépendants, Ulvi Hasanli a réaffirmé devant les commissions de l'APCE que les journalistes indépendants ne cesseraient jamais leurs reportages impartiaux, quel qu'en soit le prix.

Nous considérons que la dernière arrestation de M. Hasanli, soupçonné de contrebande, est une mesure de représailles pour sa coopération avec l'Assemblée parlementaire et pour son journalisme d'investigation récent sur la corruption de membres du gouvernement. Nous considérons que son arrestation et sa détention visent à faire taire les critiques et à décourager les voix indépendantes et la liberté des médias en Azerbaïdjan. Il s'agit d'un nouvel exemple de la répression exercée par les autorités azerbaïdjanaises à l'encontre des journalistes et des défenseurs des droits humains, voire de toute personne qui ne s'en tient pas au script gouvernemental, ce qui ne peut être accepté dans un État membre du Conseil de l'Europe.

Cette récente détention d'un journaliste en Azerbaïdjan, motivée par des considérations politiques, fait suite à la non-coopération récente des autorités azerbaïdjanaises aux travaux du Conseil de l'Europe pour soutenir la liberté d'expression en Azerbaïdjan, pays où, malheureusement, l'expression est tout sauf libre.

Nous appelons les autorités azerbaïdjanaises à libérer immédiatement M. Hasanli et à garantir le respect de ses droits fondamentaux, notamment en menant une enquête rapide, approfondie et indépendante sur les allégations de mauvais traitements en détention, conformément aux obligations de l'Azerbaïdjan en vertu de la Convention européenne des droits de l'homme. Un tel manquement porte clairement atteinte aux obligations et aux engagements que l'Azerbaïdjan a pris lorsqu'il est devenu membre du Conseil de l'Europe et qui continuent à être contraignants pour l'Azerbaïdjan dans le cadre de son appartenance continue au Conseil de l'Europe.