12/07/2024 Culture, science, éducation et médias
Selon la Commission de la culture, le métavers – réseau de mondes virtuels interconnectés caractérisé par la présence, la persistance, l’immersion et l’interopérabilité – ouvre de nouveaux horizons au numérique, les technologies immersives étant déjà utilisées avec succès dans de nombreux domaines tels que l’éducation, les soins de santé, l’art, la culture, le sport, le design, l’ingénierie, les médias ainsi que dans le contexte de la démocratie participative.
Toutefois, la commission s’inquiète du fait que la gouvernance et la législation peinent à suivre le rythme de l’innovation technologique et que des actes répréhensibles ((harcèlement, violences, agressions, fraude, violations de droits humains), commis dans le métavers, restent impunis.
Le rapport d’Andi-Lucian Cristea (Roumanie, SOC) adopté par la commission le 26 juin, souligne la nécessité de se pencher sur les droits et obligations des entreprises privées qui fournissent des services de métavers, concernant « la gestion des données, l’intégration de l’intelligence artificielle, le contrôle du respect des conditions d’utilisation et le signalement des infractions ».
A cet égard, la commission a appelé les États membres « à veiller à ce que les cadres législatifs et réglementaires applicables au métavers soutiennent la démocratie, les droits humains et l’État de droit », et à lutter contre les infractions, le harcèlement, la violence, et les agressions (en particulier les agressions sexuelles et la maltraitance des enfants). Les Etats devraient préserver la liberté d’expression et lutter contre les nouvelles formes de manipulations sociales et politiques, notamment la désinformation, les avatars en hypertrucages (deepfakes), ou la propagande radicale qui pourraient prendre pied dans le métavers, ont indiqué les parlementaires.
En outre, le texte adopté souligne la nécessité de « garantir le droit des utilisateurs à la liberté cognitive et à la vie privée mentale », ainsi que les droits consacrés par la Convention modernisée du Conseil de l’Europe pour la protection des personnes à l’égard du traitement des données à caractère personnel.
Enfin, la commission a appelé les Etats membres à intensifier la collaboration avec les parties prenantes commerciales et industrielles, ainsi qu’avec la société civile, afin notamment de « de barrer la route aux monopoles, d’adopter des codes de déontologie pour les projets de métavers à financement public, et réglementer fermement les contenus ».