17/09/2024 Questions sociales, santé et développement durable | Réseau parlementaire pour un environnement sain
Une commission de l'APCE appelle à prendre des mesures pour garantir une alimentation accessible, durable et adéquate pour tous, notamment en inscrivant un « droit à l’alimentation » dans les constitutions nationales et en donnant la priorité à un cadre juridique cohérent pour rendre les systèmes de distribution, de transformation et de commercialisation des aliments plus équitables et plus stables.
En approuvant un rapport de Simon Moutquin (Belgique, SOC), la Commission des affaires sociales, de la santé et du développement durable de l'Assemblée a souligné le « phénomène extrêmement paradoxal » selon lequel la faim et la malnutrition persistent malgré des approvisionnements alimentaires abondants.
La distribution, la transformation et la commercialisation déséquilibrées des denrées alimentaires « privilégient les intérêts commerciaux et agricoles, souvent en tension avec l’impératif du droit à l’alimentation », a fait valoir la commission.
Ces inégalités risquent d’être aggravées par le changement climatique, qui intensifie les événements météorologiques extrêmes, les crises agricoles et les perturbations des chaînes d'approvisionnement, a-t-elle ajouté.
La commission a demandé que le « droit à l’alimentation » soit explicitement inscrit dans les constitutions nationales, y compris le droit d'accès à l'eau potable, ce qui « obligerait tous les pouvoirs publics à placer les droits des personnes au cœur des politiques alimentaires ».
Elle a également exhorté à adopter des lois visant à rendre la distribution, la transformation et la commercialisation des aliments plus équitables et plus stables en « réduisant les déséquilibres économiques entre les acteurs publics et privés, en alignant les questions agricoles sur les objectifs de transition écologique et en soutenant les agriculteurs dans cette transition de manière inclusive, tout en garantissant une rémunération équitable et une meilleure protection de leurs droits ».
Les stratégies alimentaires nationales et locales devraient être élaborées conformément aux normes des Nations Unies, et il faudrait passer « d'une approche caritative de l'aide alimentaire et de l’approvisionnement des membres les plus vulnérables de la société à une approche fondée sur les droits », afin que l'aide alimentaire d'urgence ne soit plus la réponse principale.
Le rapport doit être débattu en séance plénière de l'Assemblée à Strasbourg le jeudi 3 octobre.