10/12/2024 Questions sociales, santé et développement durable
La Commission des questions sociales, de la santé et du développement durable déplore que les millions de patients atteints de « Covid longue » soient devenus « un énorme angle mort », dans la mesure où les décideurs politiques et le secteur de santé se concentrent sur d’autres problèmes de santé. Elle regrette qu’aucune solution n’ait été trouvée à ce jour pour assurer la guérison des patients, la recherche en étant encore à ses débuts.
Le rapport de Carmen Leyte (Espagne, PPE/DC), adopté par la commission le 6 décembre à Strasbourg, explique que la « Covid longue » se caractérise par « la poursuite des symptômes ou l’apparition de nouveaux symptômes trois mois après l’infection initiale, et la persistance de ces symptômes pendant au moins deux mois sans explication ». Il souligne que cette maladie chronique se manifeste par des symptômes, tels que la fatigue chronique, les troubles neurologiques, et d'autres complications physiques et mentales, et peut être lourdement invalidante et se manifester par un handicap – visible ou non.
Face à cette situation préoccupante, la commission a proposé un ensemble de mesures, préconisant « une approche fondée sur les droits humains dans la lutte contre la ‘Covid longue’ ». Elle a notamment appelé les États membres à « adopter des politiques publiques coordonnées au niveau national », pour répondre aux besoins médicaux, sociaux et professionnels des patients, et garantir l’accès aux soins. À cette fin, les États membres devraient mettre en place des centres de compétences transdisciplinaires.
Les États devraient également assurer un financement suffisant pour la recherche biomédicale, afin que des traitements efficaces soient disponibles pour réduire les incapacités à long terme. En outre, la commission estime qu’une définition plus claire et commune de la « Covid longue » pourrait améliorer la gestion clinique et mieux cibler les politiques.
Selon le projet de résolution adopté, la « Covid longue » devrait entrer dans le champ d’application de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (CRPD) « afin de permettre un accès à la sécurité sociale, aux prestations d’invalidité et aux aides de compensation ».
Enfin, les parlementaires ont proposé de promouvoir des politiques flexibles pour les malades sur le lieu de travail et dans les établissements éducatifs, et de mener en partenariat avec la société civile, des campagnes de sensibilisation auprès du grand public afin de réduire la stigmatisation.