28/01/2025 Egalité et non-discrimination
Le rôle crucial des hommes et des garçons dans la promotion de l’égalité des genres a été au centre d’un événement intitulé « Les Parlementaires, moteurs du changement ? », organisé conjointement par la Commission sur l’égalité et la non-discrimination de l’APCE et le Conseil nordique des Ministres, le 27 janvier 2025, dans le cadre de la session d’hiver de l’APCE.
Xavier Bettel, Président du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe et Ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, ainsi que le président de l’APCE, Theodoros Rousopoulos, sont intervenus lors de cet événement pour évoquer les défis à relever pour changer les attitudes de la société à l'égard des stéréotypes de genre.
S’appuyant sur son expérience en tant que Premier ministre, M. Bettel a souligné l’importance de s’attaquer aux stéréotypes et de mettre en œuvre des changements structurels. « Le point le plus difficile est de changer les mentalités – de réinitialiser certains esprits sur les stéréotypes », a-t-il déclaré. Il a appelé à sanctionner les partis politiques qui ne respectent pas les quotas de genre plutôt qu'à récompenser ceux qui s'y conforment. Il a souligné les reculs mondiaux en matière d'égalité des genres à la lumière des décisions prises par certains gouvernements de réduire le financement des initiatives en faveur de l'égalité.
Le Président Rousopoulos a mis en avant les travaux de l’APCE, tels que la Résolution 2480 sur « le rôle et la responsabilité des hommes et des garçons dans l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles fondée sur le genre », et a insisté sur l’importance de dénoncer le sexisme et la masculinité toxique. « Tous les hommes doivent faire partie de la réponse pour lutter contre les violences fondées sur le genre », a-t-il affirmé, appelant les parlementaires hommes à devenir des ambassadeurs de la masculinité positive et des modèles pour les jeunes garçons.
Elisa Fernandez Saenz, Directrice régionale adjointe d’ONU Femmes pour l’Europe et l’Asie centrale, a également pris la parole et dressé un tableau préoccupant des progrès et des défis liés à l’égalité des genres, avec des avancées mondiales inégales. Selon les statistiques actuelles, il faudrait encore 39 ans pour atteindre la parité dans les parlements. Elle a souligné que « l’égalité de genre n’est pas seulement une question féminine – elle nécessite une action collective de tous les membres de la société, y compris des hommes et des garçons ».
La Secrétaire Générale du Parlement islandais, Ragna Árnadóttir, a remis en question les discours traditionnels en se demandant pourquoi les femmes doivent constamment prouver qu’elles sont meilleures que les hommes pour être considérées comme leurs égales. Elle a appelé à un changement de discours et exhorté les hommes à s’engager activement dans la lutte pour l’égalité des genres.
L’ambassadeur Pap Ndiaye, Représentant Permanent de la France auprès du Conseil de l’Europe, a abordé la nature profondément enracinée des inégalités de genre, insistant sur le fait que l’égalité des genres nécessitait de repenser les structures et les priorités de la société. À travers l’exemple de la dynamique des cours de récréation, il a souligné la nécessité de repenser les espaces publics pour favoriser l’inclusivité.
José Campi-Portaluppi, d’Equimundo, a mis en lumière la précarité économique et le manque de perspectives auxquels font face de nombreux jeunes hommes, les rendant vulnérables à l’influence de figures masculinistes nuisibles. L’organisation a plaidé pour des modèles masculins positifs et des opportunités dans des rôles d’aidants comme voie significative pour les jeunes hommes de trouver une raison d'être.
La rapporteure générale de l’APCE sur la violence à l’égard des femmes, Etilda Gjonaj, a souligné que les violences fondées sur le genre et la masculinité toxique étaient interconnectées. Elle a insisté sur l’importance d’augmenter la participation des femmes en politique pour garantir des lois et une représentation plus inclusives.
L’événement s’est conclu par un appel à l’action : l’égalité des genres requiert l'implication active des hommes et des garçons. Comme l’a souligné M. Bettel : « Nous avons besoin que les hommes s’impliquent – pas seulement pour les femmes de leur vie, mais pour eux-mêmes et pour l’avenir de nos sociétés ».