04/03/2025 Questions sociales, santé et développement durable
Saskia Kluit (Pays-Bas, SOC), rapporteure sur « La nécessité absolue et urgente de mettre fin à la crise humanitaire concernant les femmes, les enfants et les otages à Gaza » a fait aujourd’hui la déclaration suivante :
« Je suis profondément alarmée par la décision d'Israël de bloquer l'aide humanitaire dans la bande de Gaza.
Le blocage de l'acheminement de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza a de graves conséquences pour la population de Gaza, en particulier pour les enfants et les familles qui en ont désespérément besoin. Les besoins humanitaires à Gaza sont toujours immenses et le blocage de cette aide constitue une violation flagrante du droit international humanitaire. Dimanche dernier, le Secrétaire Général des Nations Unies, António Guterres, a appelé à « la reprise immédiate de l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza ». La Convention sur le génocide interdit en tout temps le blocage de l'aide alimentaire aux civils, y compris en temps de guerre. Ce blocage n'est qu'une étape de plus dans la longue souffrance de la population de Gaza. Déjà en 2017, l'Assemblée parlementaire avait déclaré que la levée du blocus était une condition préalable essentielle à la résolution de la crise humanitaire à Gaza (Résolution 2142 (2017)).
Même avec le rétablissement des livraisons de nourriture, le manque d'eau potable, la destruction presque complète des hôpitaux et des cliniques de Gaza, le manque d'abris et l'accumulation d'eaux usées non traitées parmi les décombres sont pratiquement mortels pour la population survivante de 2 millions de personnes. Pour ne citer qu'un exemple de cette situation désastreuse : la semaine dernière encore, des nourrissons mouraient d'hypothermie. Alors que leur vie aurait pu être facilement sauvée avec de bonnes tentes et d'autres biens humanitaires de base. Cela ne devrait pas se produire dans les sociétés fondées sur les droits humains, la démocratie et l'État de droit.
Après le cessez-le-feu du 19 janvier 2025, les travailleuses et travailleurs humanitaires à Gaza ont mené une course contre la montre pour aider les personnes dans le besoin et sauver des vies. Ils ont réparé les systèmes d'approvisionnement en eau et les infrastructures vitales alors que les gens regagnaient ce qui restait de leurs maisons. Ces progrès, qui dépendent du maintien du cessez-le-feu et d'un financement durable, sont menacés.
Ce dont les enfants et les habitants de Gaza ont besoin maintenant, c'est d'un cessez-le-feu durable et d'un accès continu, sans entrave et sans condition, à l'aide.
Rappelant la Résolution 2582 (2025) de l'Assemblée, j'appelle instamment les parties à respecter pleinement leurs obligations en vertu du droit international et à accorder immédiatement aux organisations d'aide humanitaire un accès total, rapide, sûr et sans entrave à la bande de Gaza, et à veiller à ce que l'approvisionnement adéquat en biens essentiels dans la bande de Gaza, tels que la nourriture, l'eau, le matériel médical et les médicaments, le carburant et les abris, soit garanti pour tous les Palestiniens, en particulier les femmes et les enfants, et pour les otages à Gaza. J'appelle la délégation israélienne, observateur auprès de l'APCE, à faire pression pour que l'aide humanitaire puisse entrer sans entrave à Gaza ».