20/03/2025 Conférence européenne des Président·e·s de Parlement
Des Présidentes de Parlement se sont réunies ce matin pour un petit-déjeuner de travail en marge de la Conférence européenne des Présidentes et Présidents de Parlement à Strasbourg, afin de partager leurs expériences nationales sur les progrès dans la parité, et sur le rôle des femmes dans le renforcement de la paix et de la sécurité.
Dix-huit Présidentes ou Vice-Présidentes se sont réunies pour cet événement, animé par Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale française.
Dans ses résolutions, « l'Assemblée a souligné le rôle important que les femmes peuvent jouer dans les opérations de maintien de la paix et les négociations de paix, ainsi que pour assurer une paix durable », a déclaré Despina Chatzivassiliou, Secrétaire Générale de l'APCE, à l'ouverture de la réunion.
« Si les droits et les libertés nous semblaient acquis, ils sont aujourd’hui questionnés et les principes démocratiques sur lesquels sont fondés nos systèmes régressent. Dans ce contexte, les femmes politiques doivent plus que jamais affirmer nos valeurs au sein des parlements ; il ne faut pas assister en spectatrices à la marche du monde », a déclaré Yaël Braun-Pivet.
Urška Klakočar Zupančič, Présidente de l’Assemblée nationale de la Slovénie, a rappelé que les droits humains étaient ceux de chacun.e et a insisté sur la nécessité de les défendre, en particulier ceux des enfants, victimes innocentes des conflits. « Nous devons diffuser nos connaissances, nos valeurs et nos vertus, car les populistes renforcent les peurs. Le rôle des femmes ici n’est pas simple car elles sont confrontées au sexisme et aux violences, notamment psychologiques », a-t-elle souligné.
Evoquant les élections récentes en Allemagne, Bärbel Bas, Présidente du Bundestag, regrette que moins de femmes aient été élues au Parlement, soulignant qu’un certain nombre d’entre elles avaient fait l’objet d’attaques très vives et de violences psychologiques. « Il est essentiel de lutter contre ce phénomène ; les femmes doivent être protégées de toute forme d’agression », a-t-elle souligné. Elle a également déploré une tendance récurrente à associer les femmes à leur rôle traditionnel.
Dans le cadre de conflits, que ce soit en Ukraine ou au Proche-Orient, les femmes ont un rôle essentiel à jouer en matière de résilience, selon Pia Kauma, Présidente de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE. Elle regrette l’émergence de régimes autoritaires où les femmes sont écartées des postes décisionnels. Elle a également souligné l’importance d’éduquer les jeunes générations pour les éloigner de la haine.
« Nous sommes en train de vivre une période historique, et nous devons nous attacher à défendre les droits des femmes face aux forces réactionnaires, notamment le droit à l’avortement et les droits des personnes LGBTI », a déclaré Esther Gil De Reboleño, Vice-Présidente du Congrès des députés espagnol.
« Le fait que nous soyons investies dans des fonctions de premier plan découle de combats menés pendant des siècles par d’autres femmes avant nous », a rappelé Daiga Mierina, Présidente du Parlement de la Lettonie. « Le monde est ravagé par de nombreux conflits, et les femmes ont un rôle crucial à jouer dans la reconstruction et le développement des pays », a-t-elle ajouté, regrettant que peu de femmes en Europe soient impliquées dans les pourparlers de paix. « La parité est indispensable dans les négociations de paix, afin de garantir que celles-ci soient justes et équilibrées »
Þórunn Sveinbjarnardóttir, Présidente du Parlement islandais, a fourni des informations sur la parité en Islande, rappelant que ce pays avait à sa tête une Présidente, une Première ministre et une Présidente de Parlement. « Cela est le fruit de la lutte pour le droit des femmes qui s’inscrit dans le long terme », a-t-elle précisé. Elle s’inquiète du développement des menaces physiques dans la sphère politique, notamment à l’égard des femmes.
Verona Murphy, Présidente de la Chambre basse du Parlement irlandais a relaté les difficultés rencontrées tout au long de sa carrière politique et les obstacles au sein de son propre parti, et ce, malgré la mise en place d’un système de quotas.
Elisa Spiropali, Présidente du Parlement albanais a évoqué les progrès intervenus dans son pays en terme de représentation des femmes dans les instances nationales, notamment grâce à l’introduction de quotas. Par ailleurs, elle estime « qu’une vraie sécurité n’est pas simplement synonyme d’absence de guerre, mais découle souvent de la présence de femmes autour des tables de négociation de paix », a-t-elle déclaré.
« 27% de femmes parlementaires au niveau mondial n’est pas suffisant. La société n’a pas encore accepté la parité et nous devons poursuivre le combat. Personne ne nous laissera la place », a déclaré Tulia Ackson, Présidente de l’Union interparlementaire et Présidente de l’Assemblée nationale de Tanzanie.