20/03/2025 Egalité et non-discrimination
Francesco Verducci (Italie, SOC), rapporteur général contre le racisme et l'intolérance a fait la déclaration suivante à l’occasion de Journée internationale pour l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale (21 mars) :
En cette Journée internationale pour l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, nous commémorons les événements tragiques du 21 mars 1960, à Sharpeville, en Afrique du Sud. Ce jour-là, 69 personnes ont perdu la vie et 180 ont été blessées lorsque la police a ouvert le feu sur une foule qui manifestait pacifiquement contre les lois de l'apartheid. L'horreur de ce massacre a secoué la communauté internationale et a marqué un tournant dans la lutte mondiale contre la discrimination raciale. Reconnaissant le besoin urgent d'un cadre juridique et moral pour lutter contre le racisme, les Nations unies ont pris des mesures pour établir des engagements contraignants pour les États afin de lutter contre la discrimination raciale sous toutes ses formes.
La Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale (ICERD) a été adoptée en 1965. Aujourd'hui, à l'occasion du 60ème anniversaire de ce traité historique, nous commémorons les événements de Sharpeville et les victimes du racisme partout dans le monde, et nous réaffirmons notre attachement aux principes garantis par la Convention. La Convention reste aussi pertinente aujourd'hui qu'elle l'était au moment de son adoption. Elle donne une définition élargie de la discrimination raciale - couvrant la race, la couleur, l'ascendance et l'origine nationale ou ethnique - et appelle à des mesures fortes pour éliminer les discours de haine et lutter contre les préjugés. Elle énonce des obligations juridiques et politiques pour les États, notamment le devoir de prendre des mesures proactives pour lutter contre la discrimination raciale et promouvoir l'égalité dans tous les aspects de la vie publique.
Des horreurs du massacre de Sharpeville est née une lueur d'espoir : un instrument juridique conçu pour guider les efforts de prévention et de lutte contre la discrimination raciale dans le monde entier. Cependant, les traités et les normes juridiques ne suffisent pas. Pour atteindre l'objectif d'élimination de toutes les formes de discrimination, il faut la volonté politique ferme des autorités et l'engagement collectif de la société dans son ensemble. La discrimination raciale reste un problème profondément enraciné et multiforme, qui exige une action de la part des gouvernements, de la société civile et de chacun. Aujourd'hui, j'appelle les parlementaires et les décideurs politiques à renouveler leur engagement, à prendre des mesures concrètes fondées sur cette convention internationale et à poursuivre avec détermination leur action en faveur d'un monde sans injustices raciales.