09/04/2025 Femmes@APCE
Lors de la dernière réunion du groupe Femmes@APCE pendant la session plénière de printemps de l'APCE, Son Altesse Royale la Grande-Duchesse de Luxembourg s’est jointe à des parlementaires, des ambassadrices et des expertes pour un échange de vues sur la violence structurelle fondée sur le genre, en plaçant les voix et les expériences vécues des survivantes au centre de la discussion.
En ouvrant la réunion, Petra Bayr (Autriche, SOC), membre du Bureau de Femmes@APCE et rapporteure de l'APCE sur les violences sexuelles liées aux conflits, a souligné la nature structurelle de la violence fondée sur le genre. « Si une femme est victime de violence, ce n'est jamais de sa faute personnelle - très souvent, il y a des raisons structurelles à cela », a-t-elle déclaré. Citant l'idéologie de la supériorité masculine comme cause première, elle a ajouté : « Certains hommes veulent priver les femmes de leurs décisions. Voilà ce qu'est la violence structurelle ».
« La visibilité que j'ai n'a de sens que pour deux raisons : servir mon pays et mettre en lumière les femmes et les enfants, en particulier les femmes, qui ne sont pas entendues », a souligné La Grande-Duchesse. Elle a rappelé que le forum Stand Speak Rise Up ! de 2019 à Luxembourg avait réuni plus de 50 survivantes de violences sexuelles liées aux conflits. Par l'intermédiaire de son association, la Grande-Duchesse soutient des initiatives menées par les survivantes. Elle a souligné que l'association favorisait également un réseau croissant entre les survivantes « qui commencent à échanger des bonnes pratiques et à s'inspirer des projets des unes et des autres. »
Chékéba Hachemi, cofondatrice de Stand Speak Rise Up ! et Présidente d'Afghanistan Libre, a évoqué le sort des femmes en Afghanistan : « Nous avons combattu le premier régime taliban pour être confrontés au second. Les femmes afghanes ne sont pas au premier plan. Il y a une indifférence politique et peu de choses ont été dites sur leur sort ». Elle souligne que le viol n'est pas un dommage collatéral, mais une stratégie de guerre délibérée : « Il est utilisé comme une arme, pour détruire les générations futures ».
L'ambassadrice des Pays-Bas auprès du Conseil de l'Europe, Tanja Gonggrijp, Présidente du comité des parties à la convention d'Istanbul, a souligné l'importance de la solidarité et de la coordination : « Les pays sont à des stades différents de l'égalité entre les femmes et les hommes, mais nous sommes confrontés à la même lutte contre la violence ». Elle a annoncé que le GREVIO effectuera sa première mission d'évaluation dans un contexte de conflit en Ukraine en mai 2025 et a souligné l'importance de reconnaître la violence sexuelle dans le Registre des dommages pour l'Ukraine afin de garantir que les victimes soient indemnisées.