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L’élection présidentielle en Pologne a été concurrentielle mais marquée par une profonde polarisation, selon les observateurs internationaux

L'élection présidentielle en Pologne a été compétitive mais marquée par une profonde polarisation, selon les observateurs internationaux

Le premier tour de l’élection présidentielle en Pologne a offert à l’électorat un vrai choix entre différentes options politiques, mais il s’est déroulé dans un contexte de profonde polarisation politique, qui a également eu des répercussions sur certaines des principales institutions de l’État intervenant dans le processus électoral, ont déclaré les observateurs internationaux dans un communiqué publié aujourd’hui.

La mission d’observation conjointe du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE et de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a conclu que le cadre électoral était adéquat pour la tenue d’élections démocratiques. Toutefois, il conviendrait de revoir certains aspects, car de nombreuses recommandations formulées précédemment n’ont toujours pas été prises en compte. Des préoccupations ont été exprimées au sujet de l’indépendance de la justice, en particulier de la chambre chargée de la validation des résultats des élections, ce qui pourrait ébranler la confiance de la population.

« La campagne électorale a jusqu’à présent démontré que la Pologne a pour atout d’être une démocratie dynamique, mais pour que celle-ci soit encore plus solide, il faut s’attaquer à la forte polarisation politique qui règne dans le pays, en mettant en place un dialogue inclusif qui comble les fossés politiques et idéologiques », a déclaré Dunja Mijatović, qui a dirigé la mission d’observation du BIDDH. « Dans le même temps, les propos incendiaires de certains candidats visant les personnes migrantes, la communauté LGBTI et certains groupes ethniques et religieux, qui laissaient parfois transparaître une xénophobie et une hostilité contre les personnes ukrainiennes, ont suscité de vives inquiétudes. »

Les autorités ont pris des mesures proactives de grande ampleur pour protéger le processus électoral contre les multiples tentatives d’ingérence étrangère, opérations de désinformation et cyberattaques, mais il est encore nécessaire de renforcer la coordination entre les institutions intervenant dans ce domaine ainsi que la communication publique sur les mesures de protection utilisées. Alors que les cyberattaques et les campagnes de désinformation se sont multipliées au cours de la période précédant l’élection, les institutions publiques ont déclaré avoir réussi à identifier et contenir ces menaces.

« Le premier tour de l’élection présidentielle en Pologne a été administré de manière professionnelle, mais l’intégrité du processus électoral est menacée par de profondes divisions politiques, par des crises constitutionnelles non résolues, par la faiblesse des garanties contre les infractions aux règles de campagne électorale et par des ingérences étrangères, de la Russie et d’autres », a déclaré Liliana Tanguy, cheffe par intérim de la délégation de l’APCE. Alors que le pays se prépare pour le second tour, il est primordial que toutes les parties prenantes œuvrent en faveur d’une plus grande transparence et défendent les normes démocratiques, et que tous les citoyens et citoyennes polonais fassent entendre leur voix pour contribuer à forger l’avenir démocratique de la nation. »

L’administration électorale a géré l’élection avec efficacité à tous les niveaux, mais elle n’a pas toujours été transparente dans sa prise de décisions. Le jour du scrutin lui-même a été calme et le processus a été bien organisé et encadré de façon professionnelle, mais le secret du vote n’a souvent pas été assuré.

Les libertés d’expression, de réunion et d’association ont été respectées au cours d’une campagne animée. Si les échanges entre les candidat·es ont été le plus souvent respectueux, la tonalité de la campagne a parfois pris une dimension personnelle et conflictuelle. La diffusion de messages intolérants ciblant les communautés vulnérables a également été observée, notamment en ligne. En l’absence d’une réglementation suffisante en la matière, des agents publics de différents niveaux et représentant toutes les tendances du spectre politique ont fréquemment fait campagne pour le compte de certains candidats, et la frontière entre les fonctions officielles et les activités de campagne a souvent semblé floue. Les femmes restent sous-représentées dans la vie publique et politique et leurs interventions lors des événements de campagne ainsi que leur participation à la direction des campagnes sont restées limitées. Sur les treize candidats à la présidence, seuls deux étaient des femmes.

Bien que l’on ait constaté une récente amélioration en ce qui concerne la liberté des médias, et en particulier une réduction des procédures judiciaires engagées contre des journalistes, le paysage médiatique reste très polarisé, ce qui limite l’accès des électeurs et électrices à des informations impartiales. La surveillance des médias assurée par le BIDDH a fait apparaître des tendances manifestes à une couverture médiatique partiale dans les médias publics et privés. Dans l’ensemble, l’accès limité de l’électorat à des informations complètes, dont celui-ci a besoin pour faire un choix en toute connaissance de cause, a mis en évidence la nécessité de mener des réformes systématiques des médias.

La mission internationale d’observation de l’élection présidentielle polonaise a mobilisé au total 67 observateurs et observatrices de 30 pays, dont 34 expert·es et observateurs et observatrices de longue durée déployés par le BIDDH, ainsi que 33 parlementaires et membres du personnel de l’APCE.

Contacts médias :
Katya Andrusz, BIDDH : +48 609 522 266 ou [email protected]
Ivi-Triin Odrats, APCE : +33 607 067773 ou [email protected]