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Lutter contre la haine pour préserver les principes démocratiques

Lutter contre la haine pour préserver les principes démocratiques
©United Nations

Déclaration de Francesco Verducci (Italie, SOC), rapporteur général sur la lutte contre le racisme et l'intolérance, à l'occasion de la Journée internationale contre les discours de haine (18 juin) :

« Dans un climat marqué par les tensions géopolitiques, les conflits et la polarisation croissante de la société, les discours de haine gagnent dangereusement du terrain. Ils sont de plus en plus présents dans la vie quotidienne, notamment en ligne, où les réseaux sociaux servent souvent de caisses de résonance à des propos haineux et stigmatisants. Cette dimension numérique a rendu les discours de haine plus visibles, plus accessibles et plus insidieux, exposant les personnes à des messages violents et humiliants directement sur leurs écrans personnels. Ce qui restait autrefois marginal est désormais répété et amplifié dans le discours public.

Les répercussions sont graves. Les discours de haine portent atteinte à ceux et celles qu'ils visent directement – les femmes, les migrant·es, les minorités ethniques, nationales et religieuses, les personnes LGBTI – en portant atteinte à leur dignité, à leur sécurité et à leur sentiment d'appartenance. Ils envoient également un message effrayant aux citoyen·nes : la vie publique n'est pas un espace ouvert à tout le monde. Au-delà de la souffrance immédiate qu'ils infligent, les discours de haine ouvrent la voie à un processus de déshumanisation. Si rien n'est fait, il conduit à l'exclusion, à une discrimination enracinée et, dans certains cas, dégénère en violence. Les crimes de haine ne surgissent pas de nulle part : ils commencent souvent par des propos dégradants et diviseurs.

Les discours de haine constituent une menace sérieuse pour la démocratie, car ils sapent le principe fondamental de non-discrimination et privent les minorités de leur capacité d'agir, de leur liberté d'expression et de leur pleine participation à la vie publique, favorisant ainsi la domination des auteurs de ces actes. Il est essentiel que les parlements nationaux adoptent des mesures pour lutter contre les discours de haine et préserver les valeurs démocratiques, en accordant une attention particulière aux plateformes en ligne.

Nous devons investir dans l'éducation aux droits humains, dans des campagnes de sensibilisation du public et dans la création de nouvelles possibilités de dialogue et de participation civique, en particulier pour les jeunes et les personnes les plus exposées au risque de marginalisation. La société civile est un allié essentiel dans ce travail. À l'occasion de cette Journée internationale, j'exhorte mes collègues parlementaires, les décideur·es politiques et les fonctionnaires à forger des partenariats plus solides avec les représentant·es des communautés, en particulier des groupes disproportionnellement visés par les discours de haine, afin que leurs voix contribuent à façonner nos politiques et nos institutions. Ensemble, nous pouvons réaliser de réels progrès vers une vie publique fondée sur le respect, l'inclusion et la dignité pour toutes et tous ».