26/06/2025 Session
Dans une allocution très riche prononcée devant l’Assemblée parlementaire (APCE) du Conseil de l’Europe, le ministre croate des Affaires étrangères Gordan Grlić Radman a appelé tous les États membres du Conseil de l’Europe à relever les nombreux défis auxquels l’Europe est confrontée aujourd’hui, tout en saluant le rôle de l’Organisation dans la défense de la démocratie, des droits humains et de l’État de droit.
À l’approche du 30e anniversaire de l’adhésion de la Croatie au Conseil (le 6 novembre 1996), le ministre a souligné que l’Organisation avait joué un rôle central dans la défense des valeurs démocratiques face aux défis mondiaux et régionaux croissants.
Évoquant l’accord « historique » signé hier sur un Tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine, le ministre a souligné le soutien du Conseil à l’Ukraine face à l’agression de la Russie, non seulement pour réunir des preuves des crimes de guerre mais aussi pour faire en sorte que les responsables aient à rendre des comptes. Après avoir mentionné le soutien de la Croatie à l’Ukraine – avec notamment l’accueil de plus de 30 000 réfugiés ukrainiens depuis le début de la guerre – il a souligné qu’un éventuel accord de paix à venir ne devrait pas « légitimer ni récompenser les gains territoriaux illégaux de la Russie ».
Il a exprimé son ferme soutien au Nouveau Pacte démocratique pour l’Europe, et en particulier à ses trois piliers : l’éducation civique, les garanties constitutionnelles et la démocratie participative à l’ère numérique. « La démocratie requiert notre protection vigilante contre les menaces contemporaines : le recul de la démocratie, les inégalités socio-économiques et les bouleversements technologiques qui amplifient les divisions au lieu de favoriser le dialogue », a-t-il souligné.
Concernant les discussions récentes en Europe sur le rôle de la Cour européenne des droits de l’homme, le ministre a déclaré que la Cour, si elle doit rester indépendante et exempte de toute influence politique, doit aussi « suivre de près les réalités contemporaines ». Il a reconnu l’importance d’un « débat constructif », mais souligné que toute discussion devait respecter « les principes fondamentaux de nos démocraties, et en particulier la préservation de l’indépendance des institutions judiciaires ».
S’agissant des Balkans, le ministre Radman a salué le rôle du Conseil de l’Europe en tant que « plateforme majeure pour réaffirmer le soutien de la Croatie à nos voisins des Balkans occidentaux dans leurs processus de réforme et leurs efforts sur la voie de l’intégration à l’UE ».
Au sujet des conflits au Proche-Orient, il a cité les contributions humanitaires de la Croatie à Gaza et en Syrie, en particulier pour les enfants, notant la pertinence du Conseil pour rappeler à l’Europe son devoir de « sauver les vies des plus innocents dans chaque société ou communauté ».
Le ministre a souligné l’importance de la liberté des médias, sans laquelle « aucune collectivité, aucun pays, aucune région ne peut prospérer ». Il a déclaré aux membres de l’APCE qu’il existait « une responsabilité collective et un devoir moral de préserver la liberté des médias ».
En conclusion, le ministre Radman a appelé tous les États membres à s’inspirer des valeurs du Conseil et à agir dans l’unité : « De notre réponse dépendra non seulement notre présent, mais aussi l’Europe que nous léguerons aux générations futures ».