12/08/2025 Questions sociales, santé et développement durable
« Je suis consternée par le meurtre de cinq journalistes d'Al Jazeera dimanche dernier, dont le célèbre reporter Anas al-Sharif, lors d'une frappe israélienne ciblée près de l'hôpital Al-Shifa de la ville de Gaza », a déclaré Saskia Kluit (Pays-Bas, SOC), rapporteure de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) sur « La nécessité absolue et urgente de mettre fin à la crise humanitaire concernant les femmes, les enfants et les otages à Gaza ».
Elle a souligné que quelques jours avant cette attaque, Irene Khan, rapporteure spéciale des Nations Unies sur la liberté d'expression, avait averti que la vie d'Al-Sharif était en danger en raison d'accusations infondées de l'armée israélienne, déclarant que « d'un côté, Israël refuse d'autoriser tout journaliste international à entrer à Gaza, et de l'autre, il calomnie, menace, entrave, cible et tue sans pitié les quelques journalistes locaux qui restent les seuls témoins du génocide en cours ».
« L'assassinat ciblé de dimanche est une nouvelle attaque flagrante et préméditée contre la liberté de la presse », a déclaré Mme Kluit.
« On ne peut que conclure que les meurtres, les attaques, les détentions arbitraires et le harcèlement des journalistes à Gaza s'inscrivent dans une stratégie délibérée du gouvernement d'Israël visant à étouffer la vérité, à empêcher la documentation de crimes internationaux et à enterrer toute possibilité de rendre des comptes à l'avenir », a-t-elle ajouté.
La rapporteure a réaffirmé l'importance de la liberté de la presse dans une société démocratique et la responsabilité des parties au conflit de garantir la sécurité des journalistes, en particulier ceux qui travaillent dans des zones de conflit militaire. « Les journalistes ont droit à la protection accordée aux civils en vertu du droit international humanitaire, dont les Conventions de Genève.
Alors que la famine s’aggrave à Gaza et que des femmes et des enfants affamés sont tués pour avoir cherché de l'aide humanitaire, il est plus important que jamais de protéger les journalistes et de leur permettre de documenter et relater la tragique réalité au monde entier.
La détérioration de la situation humanitaire à Gaza est effroyable et doit être stoppée immédiatement par un cessez-le-feu et une réponse urgente, efficace et à grande échelle. Les largages aériens et les points de distribution militarisés ne sont pas une solution. Près de 1 400 Gazaouis ont trouvé la mort en cherchant de quoi se nourrir à ces points de distribution, tandis que d'autres ont été tués ou blessés par des largages aériens.
Les organisations humanitaires disposent du savoir-faire, des outils et de l'expérience nécessaires pour prévenir et traiter la malnutrition et la famine. Le refus de leur accorder l'accès nécessaire pour sauver des vies avant qu'il ne soit trop tard est incompréhensible.
Tous les pays doivent désormais remplir leur obligation de faire respecter le droit international humanitaire et de prévenir de nouvelles famines. Les appels à l'action lancés par les organisations internationales non gouvernementales et intergouvernementales les plus respectées, et par les citoyens du monde entier, ne peuvent être rejetés ou ignorés », a déclaré Mme Kluit.
La rapporteure a appelé les États à prendre les mesures politiques, économiques et diplomatiques nécessaires pour garantir qu'Israël respecte ses obligations en vertu du droit international.
Rappelant les résolutions 2582 (2025) et 2609 (2025), la rapporteure a demandé à Israël d'autoriser immédiatement l'accès à la bande de Gaza aux journalistes locaux et étrangers et de faciliter leur travail dans des conditions sûres. Elle a exhorté à nouveau Israël à prendre les mesures nécessaires, en pleine coopération avec les Nations Unies, y compris l'UNRWA, pour garantir la fourniture sans entrave et à grande échelle des services de base et de l'aide humanitaire, notamment en ouvrant tous les points de passage terrestres et en les maintenant ouverts pour empêcher la situation de dégénérer en une famine plus grave et causer d’autres morts inutiles à Gaza.