05/09/2025 Culture, science, éducation et médias
« La guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine est aussi une guerre contre la vérité, dans laquelle les médias libres et les journalistes sont traités comme des ennemis par l’État agresseur », a déclaré la Commission de la culture, de la science, de l’éducation et des médias.
Adoptant un projet de résolution, basé sur le rapport de Yevheniia Kravchuk (Ukraine, ADLE), la commission a exprimé sa profonde préoccupation face au fait qu’au moins 26 journalistes ukrainiens restent illégalement détenus par la Fédération de Russie ou dans des territoires temporairement occupés, exposés à des accusations forgées de toutes pièces, à la torture, à la disparition forcée et même à la mort.
La commission a dénoncé « l’enlèvement systématique et les mauvais traitements » infligés aux journalistes depuis l’occupation illégale de la Crimée en 2014, soulignant que certains étaient en captivité depuis près d’une décennie. Elle a rappelé que le droit international humanitaire protègeait les journalistes en tant que civils et a insisté pour que leur libération immédiate fasse partie de toute composante humanitaire d’une paix juste et durable. Le seul moyen actuellement disponible pour garantir leur libération est « d’exercer toutes les pressions politiques, économiques et diplomatiques sur la Fédération de Russie », a souligné la commission.
La commission appelle la Russie à libérer immédiatement l’ensemble des journalistes détenus en violation du droit international – en les nommant, qu’ils aient été arrêtés en Crimée, en Russie ou dans les régions occupées – et à fournir des informations précises sur leur état de santé et leur localisation. Elle demande également un accès sans entrave du CICR, de la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies et d’organisations humanitaires indépendantes aux lieux de détention.
Les États membres sont invités à renforcer les sanctions visant les responsables de crimes contre des journalistes, y compris non seulement les hauts responsables militaires et sécuritaires mais aussi les responsables de rang inférieur tels que les directeurs de centres de détention et les gardiens impliqués dans ces violations, et à soutenir financièrement les médias ukrainiens afin de leur permettre de survivre en temps de guerre. La commission appelle en outre à l’obligation de rendre des comptes devant les juridictions internationales, au soutien des mécanismes mis en place sous les auspices du Conseil de l’Europe pour répondre aux besoins des victimes, ainsi qu’à l’instauration d’une commémoration annuelle intitulée « Victoire pour Victoria », en hommage à la journaliste ukrainienne Victoria Roshchyna, torturée et tuée après plus d’un an de détention en Russie.