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Tourisme sexuel impliquant des enfants : l’une des pires formes de violence faite aux enfants

Strasbourg, 05.10.2011 - « Les infractions commises par les touristes délinquants sexuels comptent parmi les pires formes de violence faite aux enfants, car ils les réduisent à de simples objets de désir sexuel et d’intérêts commerciaux », a déclaré aujourd’hui Liliane Maury Pasquier (Suisse, SOC), Présidente de la Commission des questions sociales, de la santé et de la famille de l’APCE, lors de la 4ème réunion du réseau de parlementaires de référence contre la violence sexuelle à l’égard des enfants. « Seules une volonté politique forte et une bonne coopération entre Etats permettront de combattre efficacement ce crime atroce », a ajouté Mme Maury Pasquier à l’ouverture de la discussion, qui avait pour thème la lutte contre le tourisme sexuel impliquant des enfants.

« Pour traiter ce problème, il faut s’assurer qu’il n’y ait pas de vide juridique », a déclaré Pieter Omtzigt, (Pays-Bas, PPE/DC), qui vient d’être désigné par la commission rapporteur sur cette question. « Il est essentiel que la coopération fonctionne bien entre enquêteurs et avec le secteur privé », a-t-il ajouté, en citant le cas récent d’un touriste sexuel letton, condamné en Allemagne pour avoir commis de nombreux abus sexuels à travers le monde. « Le rôle joué par internet doit également être considéré ».

« Ce fléau ne se cantonne pas à quelques destinations exotiques mais sévit partout dans le monde. Les destinations de tourisme sexuel évoluent rapidement et fréquemment. L’ampleur du phénomène reste méconnue mais selon des estimations, des millions d’enfants seraient concernés », a expliqué Najat Maalla M’jid, Rapporteure Spéciale des Nations Unies sur la vente des enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. « Pour lutter efficacement contre ce phénomène, il est indispensable de mettre en place un cadre législatif et réglementaire criminalisant ces actes, protégeant les victimes, et consacrant le principe d’extraterritorialité – afin de pouvoir mettre en examen un résident de son pays pour exploitation sexuelle sur mineurs à l’étranger ».

Maud de Boer-Buquicchio, Secrétaire Générale adjointe du Conseil de l’Europe a souligné que la Convention du Conseil de l'Europe sur la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels (« Convention de Lanzarote ») permet aux Etats de condamner un résident qui a commis une infraction sexuelle à l'étranger.

Avec la désignation récente d’un parlementaire de référence pour la France et pour la Moldova, le réseau comprend désormais 40 membres, nommés par les parlements nationaux.