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Tolérance zéro face aux crimes dits «d’honneur»

« Les gouvernements se doivent d’appliquer une tolérance zéro face aux crimes dits « d’honneur », qui doivent être punis par des peines exemplaires afin de signifier le refus total de cette pratique », a déclaré Jacqueline Thibault, Présidente de la Fondation « Surgir » (Suisse), lors d’une audition organisée par le réseau des parlementaires de référence de l’APCE engagés dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes, ouverte par José Mendes Bota (Portugal, PPE/DC). « L’Europe risque d’être de plus en plus confrontée à ce problème, du fait des mouvements migratoires », a-t-elle ajouté, en dressant le bilan de la situation dans huit pays européens, pour lesquels seuls quatre plans nationaux sont actuellement opérationnels.

Hannana Siddiqui, Responsable chargée de recherche et politiques, au sein de l’ONG Southall Black Sisters (Royaume-Uni) a décrit ce phénomène au Royaume-Uni, où, selon les estimations de la police, douze femmes et filles seraient victimes de crimes d’honneur par an. La montée du fondamentalisme religieux et le repli identitaire, notamment, ont accru la pression sur les femmes appartenant aux communautés minoritaires. Mme Siddiqui a également exposé les stratégies adoptées par les pouvoirs publics pour lutter contre ce fléau.

Liri Kopaçi-Di Michele, Chef de Division à la Direction de la justice et de la dignité humaine du Conseil de l’Europe, a évoqué quant à elle le traitement des crimes dits « d’honneur » dans la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul). « Les rédacteurs de la Convention n’ont pas retenu une infraction pénale distincte pour ce crime, mais ont convenu d'interdire toute tentative de justifier ces actes sur la base de la culture, la coutume, la religion, ou de la tradition », a-t-elle précisé.