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L'élection présidentielle en Russie marquée par une campagne aux conditions inégales et par un fort engagement des citoyens, selon les observateurs internationaux

Strasbourg, 05.03.2012 – Bien que les candidats à l'élection présidentielle qui a eu lieu hier en Fédération de Russie aient pu faire campagne sans entrave, les conditions dans lesquelles elle s'est déroulée ont été clairement faussées en faveur de l'un des concurrents, l'actuel Premier ministre Vladimir Poutine, ont conclu les observateurs internationaux dans une déclaration publiée aujourd'hui.

Les observateurs relèvent que tous les candidats ont eu accès aux médias, mais que le Premier ministre a bénéficié d'un net avantage sur ses concurrents, en matière d’accès aux médias. De plus, les ressources publiques ont été mobilisées à l'échelon local pour soutenir sa candidature. Les conditions restrictives prévues pour l'enregistrement des candidats ont par ailleurs limité une véritable compétition.

La campagne électorale s'est caractérisée par des manifestations de grande envergure, constantes et généralement non obstruées, suite aux allégations de fraude lors des élections à la Douma de décembre 2011. Les élections honnêtes réclamées par les citoyens et les candidats ont renforcé la participation civique à l'observation du scrutin pour en garantir l'intégrité.

L'évaluation du vote le jour du scrutin est dans l'ensemble positive, mais cette situation s'est dégradée lors du décompte des voix, qui a donné lieu à une évaluation négative dans près d'un tiers des bureaux de vote observés, en raison des irrégularités procédurales constatées.

« Cette élection a montré un gagnant clair à la majorité absolue, ce qui a évité la tenue d’un second tour. Les électeurs avaient cependant un choix limité, la compétition électorale n'était pas équitable et il manquait un arbitre impartial. Du fait de la sensibilisation et de la participation accrues des citoyens, ces élections ont été plus vivantes, mieux gérées et plus sérieusement observées ; quant aux améliorations structurelles de la réglementation électorale proposées au Parlement, elles n'ont pas encore été adoptées », a déclaré Tiny Kox (Pays-Bas, GUE), chef de la délégation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).

« Cette élection a, dès le départ, posé de graves problèmes. Le propre d'une élection est le caractère incertain de ses résultats. Or, tel n'a pas été le cas en Russie. L'absence de véritable compétition et l'utilisation abusive des ressources publiques n'ont laissé planer aucun doute sur le candidat qui remporterait ces élections », a indiqué Tonino Picula, le coordinateur spécial qui a dirigé la mission d'observation de courte durée de l'OSCE et présidé la délégation de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE.

« Lors de cette élection, les candidats n’ont pu s'affronter sur un pied d'égalité. Bien que les autorités aient pris certaines mesures pour améliorer la transparence du scrutin, une grande partie de la population ne croit pas en l'intégrité du processus électoral. Il convient, en premier lieu, que chaque allégation de fraude électorale fasse l'objet d'une enquête approfondie. Une évolution encourageante est le constat qu'un très grand nombre de citoyens ont pris part à la surveillance de l'élection. Leur participation active peut contribuer puissamment à renforcer la confiance à l'égard des futures élections », a déclaré l'ambassadrice Heidi Tagliavini, chef de la mission d'observation des élections du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme de l'OSCE (BIDDH).

Pour de plus amples informations, contacter :

 

Jens-Hagen Eschenbaecher, BIDDH de l’OSCE, +79859134614 ou +48 603 683 122, [email protected]

Vladimir Dronov, APCE, +79150765726 or +33630493792, [email protected]

Roberto Montella, AP de l’OSCE, +79152532776 ou +43 69910428681, [email protected]