07/09/2012 Migrations, protection internationale et coopération économique
Strasbourg, 07.09.2012 – Les derniers naufrages survenus hier au large de la Turquie, qui ont coûté la vie à de si nombreux enfants en particulier, et la nouvelle selon laquelle des personnes sont toujours portées disparues après l’accident qui s’est produit au large de Lampedusa aux petites heures du matin rappellent à l’Europe ce qui peut arriver lorsque des tragédies humanitaires sont passées sous silence, a déclaré Tineke Strik (Pays Bas, SOC) , qui a enquêté sur les naufrages en Méditerranée pour l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).
« Bon nombre des passagers de l’embarcation qui a sombré au large de la Turquie venaient apparemment de Syrie où sévit une profonde crise humanitaire. Les demandeurs d’asile fuyant le conflit dans ce pays se dirigent non seulement vers les pays voisins, mais aussi vers le reste de l’Europe », a-t-elle précisé.
« Il s’agit d’une mise en garde pressante de l’Europe qui doit accorder une priorité bien plus élevée à la situation humanitaire en Syrie et trouver les moyens de faire face aux flux migratoires entre la Turquie et la Grèce, et ce dans l’intérêt de ces deux pays mais aussi dans celui de l’Europe et de tous ceux qui ont péri et qui continueront de périr en cherchant à gagner d’autres rivages ».
« Les pays européens devraient aussi être prêts à participer à la protection des syriens qui fuient, car les pays voisins que sont la Jordanie et la Turquie ont de plus en plus de mal à faire face à un tel afflux de réfugiés. »
« Nous savons que l’incapacité à réagir comme il convient aux conséquences humanitaires du conflit libyen a entraîné des morts inutiles. Ne refaisons pas les mêmes erreurs avec le conflit syrien », a-t-elle conclu.
Plus tôt cette année, l’enquête de Mme Strik sur l’incident survenu en mars 2011 avait mis à jour une incapacité à réagir aux appels de détresse et un « ensemble de défaillances » qui s’étaient soldés par la mort de 63 personnes fuyant le conflit lybien par la mer.