13/09/2013 Bureau
Journée internationale de la démocratie, 15 septembre 2013
Strasbourg, 13.09.2013 - A l’occasion de la Journée internationale de la démocratie (15 septembre), le Bureau de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a fait la déclaration suivante :
« Aujourd’hui encore, beaucoup de voix s’élèvent pour s’inquiéter non seulement de la crise financière et économique traversée par notre monde, mais aussi de celle qui se traduit par une défiance de la population envers les institutions démocratiques, reflétée par la désaffection des électeurs et par le discrédit dont pâtissent les responsables politiques. Les mouvements populistes, radicaux ou xénophobes, les votes protestataires et les manifestations de discours de haine prennent de l’ampleur. La montée en puissance des centres de de décision supranationaux, l’OMC, l’Union européenne, le FMI, etc... renforce le sentiment d’impuissance du Politique alors que la légitimité reste nationale, et ce dans un contexte d’une économie mondialisée. Les partis extrémistes prospèrent en apportant une réponse simpliste, mais facile à comprendre, fondée sur la fermeture à l’extérieur, face à une réalité complexe et à un avenir incertain. La démocratie est en train de se transformer aujourd’hui, car elle doit en outre faire face aux nouvelles réalités de l’époque postmoderne, où les partis politiques ne sont plus les seuls mécanismes de participation à la vie politique. Les réseaux sociaux et la société civile font ressortir de nouveaux défis.
A cet égard, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe salue le fait que la Journée 2013 de la démocratie mette l’accent sur la nécessité de faire mieux entendre les voix qui plaident pour la démocratie. Elle invite les parlements nationaux à s’adapter aux changements sociétaux et technologiques et à améliorer les canaux de communication avec le grand public. Grâce à Internet, aux réseaux sociaux, aux chaînes de télévision parlementaires et / ou aux associations de la société civile, les parlements peuvent renforcer les relations avec les générations montantes. Ils devraient aussi promouvoir de nouvelles façons de s’exprimer par-delà les formes traditionnelles de mandat et de délégation : la création de processus et de structures participatifs et délibératifs, les réseaux transnationaux formés par la population pour traiter certaines questions, l’éducation à la citoyenneté et la formation politique peuvent être des outils utiles. Il faudrait améliorer la transparence des règles de financement des partis et des campagnes politiques et traduire en justice les responsables politiques et les fonctionnaires corrompus : ce serait un moyen de restaurer la confiance du grand public envers leur parlement. Une meilleure participation des femmes, des jeunes et des minorités pourrait renforcer leur représentativité et leur crédibilité.
L’Assemblée parlementaire est fermement convaincue que le Conseil de l’Europe est fort bien placé pour combler le manque de confiance et mettre en présence les responsables des milieux politiques et de la société civile. Ensemble, ils pourraient trouver plus facilement des solutions pour permettre à la démocratie représentative de relever les défis sociétaux et technologiques, comme ceux que lancent les médias sociaux. Dans ce contexte, elle tient à mettre l’accent en particulier sur le prochain Forum mondial de la démocratie, organisé par le Conseil de l’Europe, dont le thème, cette année, est « Retisser la démocratie : connecter les institutions et les citoyens à l'ère du numérique » (Strasbourg, 27-29 novembre 2013). Le Forum constituera une plateforme opportune pour un véritable dialogue participatif sur le changement et l’avenir de la démocratie. Il contribuera à façonner l’action future de l’Organisation, de ses institutions et des Etats membres ».