12/09/2014 Présidence
L’Europe a besoin de parlements forts pour promouvoir ses valeurs communes, des valeurs allant au-delà des spécificités nationales ou culturelles et arrimées à ‘l’ancre’ de la Convention européenne des droits de l’homme, ont estimé d’un commun accord les Présidents de parlement venus de tout le continent.
Résumant les conclusions de la Conférence européenne des Présidents de parlement, qui s'est déroulée sur deux jours à Oslo, et durant laquelle sont intervenus près de 60 Présidents de parlement, la Présidente de l’APCE, Anne Brasseur, a déclaré : « Les récents événements tragiques survenus en Ukraine nous rappellent la fragilité de la ‘démocratie’ au sens où l’entendaient les pères fondateurs du Conseil de l’Europe. Nous ne sommes pas encore parvenus à empêcher que soient commises de graves violations des droits de l’homme que nous avons à tort considérées comme reléguées dans les annales de l’histoire ».
La Présidente a réitéré la conclusion de nombreux intervenants selon lesquels seules l’application du droit international et la défense des droits de l’homme pouvaient garantir une coexistence pacifique à long terme et « éviter la construction d’un nouveau mur au cœur de l’Europe ».
La Présidente de l’APCE a ajouté : « Nous devons nous-mêmes sérieusement repenser notre manière de faire de la politique : il ne s’agit pas de satisfaire des intérêts politiques à court terme, mais de nourrir une vision à long terme qui soit également profitable aux générations futures ».
Olemic Thommessen, Président du Parlement norvégien et hôte de la conférence, a souligné que les lois et constitutions ne suffisaient pas à elles seules à assurer la démocratie et qu’il était vital d’encourager l’engagement et la participation des citoyens en faveur du processus démocratique.
« La démocratie … suppose non seulement de déléguer et de prendre des décisions, mais aussi de débattre, de prendre part à la conduite des affaires publiques et de vivre ensemble dans la dignité, le respect, la confiance et la solidarité », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’une transparence et une responsabilité de la part des décideurs étaient indispensables, de même que des conditions autorisant des partis d’opposition dynamiques à débattre des actions du pouvoir et à les sonder en toute liberté.
Il faut que les parlements soient plus proches des citoyens en ayant recours à de bonnes pratiques telles que des pétitions demandant l’instauration de nouvelles lois, des référendums et des consultations avec les organisations de la société civile, a-t-il fait remarquer. La révolution numérique offre de nouvelles possibilités de dialogue avec les citoyens, mais les médias sociaux et l’afflux d’informations ne doivent en aucun cas remplacer un débat civilisé par ‘une cacophonie’ ou une discussion morcelée derrière des portes closes.
Ces deux dirigeants ont fermement soutenu l’initiative visant à instituer une Journée européenne pour les victimes de crimes de haine le 22 juillet, date anniversaire des tueries d’Utøya et d’Oslo.