20/06/2015 Présidence
A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, Anne Brasseur, Présidente de l’APCE, a fait aujourd’hui la déclaration suivante :
Aujourd’hui, la Journée internationale des réfugiés est l’occasion de rappeler que les déplacements de personnes dans le monde entier sont à un niveau record. Selon le rapport annuel du HCR, le nombre de personnes contraintes de quitter leur foyer en raison de guerres, de conflits et de persécutions a atteint 59,5 millions, contre 51,2 millions un an plus tôt et 37,5 millions il y a dix ans. Malheureusement la situation devrait encore s’aggraver.
Ici, en Europe, il faudrait comprendre que la plupart des réfugiés du monde - c’est-à-dire 86% d’entre eux – vivent dans les pays en développement et que la majorité de ces pays ont laissé leurs portes ouvertes et manifesté leur solidarité avec ceux qui en avaient besoin.
J’ai honte de voir que beaucoup de pays européens déploient leurs efforts pour éluder leurs responsabilités envers les personnes désespérées qui cherchent une protection plutôt que de manifester de la solidarité et un soutien à leur égard. Les tragédies dont nous sommes témoins en mer Méditerranée sont un exemple éloquent de l’échec de l’Europe sur ce plan.
Heureusement, certains Etats membres du Conseil de l’Europe n’ont pas fermé leur porte ni construit de mur à leurs frontières comme une délégation de l’Assemblée parlementaire a pu le constater au cours d’une visite cette semaine en Turquie. Nous avons tous été impressionnés par le bon accueil extraordinaire réservé par le peuple et les autorités turcs à leurs voisins démunis, soit deux millions de réfugiés, fuyant le conflit de Syrie et d’Irak.
En cette Journée mondiale des réfugiés, j’appelle les Etats membres du Conseil de l’Europe à assumer leurs responsabilités à l’égard des réfugiés ayant besoin de protection, et à soutenir les pays qui s’efforcent de faire face à ces flots d’arrivants. De plus, il faudrait considérablement développer les canaux juridiquement sûrs vers l’Europe par l’installation, le relogement ou les visas humanitaires. La solidarité européenne et les actions conjointes sont essentielles à cet égard. »