03/12/2015 Actualité | Convention Européenne des Droits de l'Homme
« Le terrorisme a frappé des personnes sans défense et les droits de l’homme, avant d’être des principes abstraits de notre système, sont des vies concrètes. Une personne n’a pas des droits, elle est un droit de l’homme en soi, et toute offense, toute violence contre une personne constitue une violation du droit, de cette forme de vie individuelle et collective qui voit dans la justice sa propre mesure, son propre accomplissement, sa propre possibilité de se développer en harmonie avec la vie des autres. La réaffirmation des droits de l’homme est avant tout la réaffirmation du droit à la vie pour tous, une vie libre, pacifique, entière, » a déclaré le Président de la délégation italienne et Vice-Président de l’APCE Michele Nicoletti lors de la conférence « La conscience de l’Europe » organisé le 1er décembre à Rome pour marquer le 65e anniversaire de la signature de la Convention européenne des droits de l’homme.
« Nombreuses sont les autres violations des droits de l’homme commises dans le monde, en Europe et même dans notre propre pays, et l’attention portée aux unes ne saurait faire disparaître l’inquiétude pour les autres : la liberté d’opinion, la liberté de la presse, la liberté d’association, la liberté de pouvoir vivre pleinement en accord avec ses propres convictions religieuses ou autres, son orientation sexuelle, son appartenance à telle ou telle communauté ethnique ou linguistique. L’Europe souffre de trop nombreuses violations : des femmes aux enfants, des migrants aux réfugiés, des malades aux personnes âgées et aux détenus, pour ne citer que quelques exemples.
Notre système de protection en Occident s’est fortement affaibli pendant les années de crise économique et l’Ouest comme l’Est ont connu des résurgences du racisme et de la xénophobie, de l’antisémitisme et de l’islamophobie, etc.
Cela suffirait pour justifier l’importance d’une relecture de la Convention européenne des droits de l’homme, à laquelle nous aimons toujours associer la Charte sociale du Conseil de l’Europe, que l’Italie a également signée pour témoigner de la volonté de notre pays d’être un berceau des droits de l’homme dans leur unité et leur indivisibilité, des droits civils et politiques aux droits sociaux, » a-t-il souligné.
« L’histoire de ces 65 dernières années en Italie et en Europe témoigne de l’extraordinaire richesse de cette Convention et, ensuite, de la Cour. Sur notre chemin vers un plus grand respect des droits de l’homme en tant que législateurs et gouvernants, mais aussi en tant que journalistes et acteurs de la société civile, les décisions de la Cour sont souvent à la fois un éclairage et un aiguillon.
En ce sens elle est véritablement la « conscience de l’Europe », comme l’avait également affirmé le Congrès de La Haye et comme le pape François l’a rappelé récemment à Strasbourg, soulignant que dans cette conscience comme dans tout regard authentique sur l’humanité on ne peut que reconnaître des sensibilités laïques et religieuses ayant à cœur l’épanouissement et non l’avilissement de l’homme.
C’est à nous – également dans notre réflexion d’aujourd’hui – qu’il appartient de commémorer mais aussi de donner corps aux principes de la Convention, d’appuyer le travail de la Cour et de nous doter de tous les instruments, y compris parlementaires, pour améliorer le niveau de respect des droits de l’homme dans nos actes législatifs et administratifs. Dans d’autres parlements, il existe des instruments spécifiques non seulement pour veiller à l’exécution des arrêts, mais aussi pour contrôler la conformité de la législation avec les normes de la Convention, et donc prévenir les litiges et d’éventuelles condamnations.
Dans le cadre de la réforme constitutionnelle qui occupera les activités de notre Parlement, il sera donc opportun de réexaminer les instruments de suivi actuels, qui ont donné d’excellents résultats dans le domaine des droits de l’homme, et d’en renforcer la fonction de prévention et d’harmonisation avec le cadre juridique européen, » a conclu Michele Nicoletti.