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Le rôle majeur des droits de l'homme et de la démocratie pour vaincre l'extrémisme, au centre d’un débat en Islande

 Les dirigeants islandais qui ont accueilli la Commission des questions politiques de l’APCE cette semaine à Reykjavik ont défendu avec force les principes de la démocratie, des droits de l’homme et de l’Etat de droit, principes fondamentaux du Conseil de l’Europe dont l’application est selon eux la manière la plus efficace de lutter contre le discours de haine, l’extrémisme et le terrorisme.

« La gouvernance est importante, qui que vous soyez et où que vous viviez », a déclaré la ministre islandaise des Affaires étrangères, Lilja Alfreðsdóttir, aux parlementaires. « Même si la bonne gouvernance, les droits de l’homme et l’Etat de droit semblent parfois laisser à désirer, ils offrent les meilleurs outils pour combattre l’extrémisme et le discours de haine. […] Les démocraties ont certes des imperfections, mais les autres modèles de gouvernement, comme le fondamentalisme religieux, le nationalisme agressif ou le populisme grossier sont infiniment pires. Nous devons rester fidèles aux principes fondamentaux de la démocratie, des droits de l’homme et de l’état de droit. On n’éteint pas l’incendie en combattant le feu par le feu. L’eau est bien plus efficace. C’est pourquoi nous devons éliminer le crime et le discours de haine en nettoyant à grande eau, c’est-à-dire en appliquant les principes si chers à nos cœurs ».

Dans son allocution de bienvenue, le Président du Parlement islandais, Einar K. Guðfinnsson, a évoqué l’évolution des modes de participation politique, les citoyens se détournant des partis traditionnels au profit d’autres moyens d’expression, comme les médias sociaux. « Bien qu’il soit plus facile que jamais de s’informer sur les faits, ils semblent souvent passer au second plan », a-t-il fait observer. « Promouvoir la démocratie et l’inclusion et encourager activement la participation aux élections est une tâche exigeante que nous devons tous prendre au sérieux », a-t-il conclu.


Karl Garðarsson, Président de la délégation islandaise auprès de l’APCE, a rappelé que l’Althingi (le Parlement islandais) était l’une des plus anciennes institutions parlementaires au monde : fondé vers 930, il se réunissait à l’époque dans un site naturel. Il a souligné que la population islandaise aspirait à avoir davantage voix au chapitre dans les décisions, ce qui avait récemment suscité un débat sur la réforme constitutionnelle.
 

Skúli Magnússon, de l’université d’Islande, a retracé le récent processus de réforme constitutionnelle mené en Islande à la suite de la crise financière de 2008. Il a expliqué que des propositions ambitieuses visant à apporter des changements fondamentaux à la Constitution de 1944 avaient fait l’objet d’un large débat, mais qu’elles n’avaient pas abouti à ce jour. « Les années qui viennent de s’écouler ont été extrêmement instructives pour l’Islande », a conclu M. Magnússon. « Nous apprenons en suivant une méthode empirique. C’est pourquoi je soutiens que ce travail n’a pas été vain. Il nous a en effet permis de mieux comprendre notre Constitution et comment nous y prendre pour la modifier ».