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Les femmes yézidies et la réhabilitation des victimes de violence

« Je ne sais pas si je serais encore en vie si j’étais restée en Irak. Je me sens aujourd’hui plus forte qu’avant, plus forte que Daech. Mais mon histoire n’est qu’une histoire parmi des milliers », a déclaré Farida Abbas, femme ayant survécu à la violence de Daech, aux membres de la Commission sur l’égalité et la non-discrimination lors d’une audition le 25 janvier 2017 à Strasbourg.

Elle a fait un témoignage émouvant en tant que victime de violence fondée sur le genre, réfugiée et femme yézidie. Farida Abbas a été enlevée par Daech au Kurdistan irakien et emmenée en Syrie, où elle a été victime de violences physiques et psychologiques extrêmes. Elle a réussi à s’échapper et participe à présent au Projet Quota Spécial du Land de Baden-Württemberg, qui fournit assistance et soutien à 1100 femmes réfugiées ayant survécu à la violence. « La réhabilitation des victimes de violence fondée sur le genre est essentielle. Nous avons pu nous reconstruire grâce à ce programme d’assistance », a souligné Mme Abbas. « J’appelle tous ceux présents à aider la communauté Yézidie, plus de 10 000 Yézidis ont été tués à ce jour », a-t-elle poursuivi.

Michael Blume, à la tête du Projet Quota Spécial, a présenté cette initiative et a appelé à la mise en place de programmes humanitaires spécifiques pour les groupes vulnérables, tels que les femmes célibataires avec ou sans enfants. « Des petits Etats peuvent aider les victimes de violence et faire la différence. J’espère que notre expérience en inspirera d’autres. Chaque vie sauvée en vaut la peine », a dit le Dr Blume.

L’audition s’est tenue dans le cadre de la préparation du rapport de Gisela Wurm (Autriche, SOC) sur "Protéger les femmes réfugiées de la violence fondée sur le genre". Mme Wurm a rendu compte de sa visite d’information en Suède (décembre 2016) et des réunions tenues avec des femmes réfugiées. « Avec ce rapport, j’ai l’intention d’appeler à la ratification et à la pleine mise en œuvre de la Convention d’Istanbul afin de protéger toutes les femmes de la violence fondée sur le genre. Je souhaite également appeler à la création de programmes d’assistance spécifiques pour les femmes réfugiées victimes de violence », a conclu Mme Wurm tout en remerciant les orateurs invités.