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'J'ai été traité avec indifférence', a déclaré une victime de l'attentat terroriste à Londres

La victime d'un attentat terroriste à Londres a raconté, lors d'une audition parlementaire à Athènes, les difficultés qu’elle avait dû affronter au lendemain de l'attentat - et comment elle avait espéré un plus grand soutien de la part des autorités, y compris la police et les travailleurs de santé.

L’étudiant Travis D. Frain était en voyage de classe universitaire lorsqu’il a été grièvement blessé par une voiture qui a foncé sur le trottoir lors de l'attaque terroriste au Palais de Westminster en mars 2017. Plus de 50 personnes ont été blessées et six sont mortes, dont un policier non armé et l’agresseur.

« J'ai eu des blessures relativement graves, mais pas mortelles ou ayant changé ma vie, et j'ai subi deux opérations, huit jours à l'hôpital, puis six mois avec des béquilles », a déclaré M. Frain lors d'une audition devant la Commission des questions politiques de l'APCE, organisée dans le cadre du rapport de Marietta Karamanli (France, SOC) sur la protection et le soutien aux victimes du terrorisme ».

S'exprimant un an après un autre attentat terroriste à Manchester, M. Frain a déclaré qu'il était « inconsciemment préparé » à ce qu’il se passe quelque chose lorsqu'il voyageait ces derniers temps dans une grande ville. « Mais ce à quoi je n'étais pas préparé, c'est la façon dont nous avons été traités, avec ce que je ne peux que décrire comme une indifférence totale de la part du gouvernement britannique et d'autres secteurs de la société ».

« Je peux vraiment dire que la partie la plus difficile n’a pas été l'attaque en elle-même, ni les blessures psychologiques ou physiques que j'ai subies, mais plutôt la façon dont nous avons dû constamment nous battre pour obtenir une forme réelle de soutien », a-t-il déclaré.

M. Frain a décrit comment, dans les mois qui ont suivi l'attentat, lui et d'autres victimes ont été harcelés en ligne par des personnes prétendant que l'attentat était faux ou qu'ils avaient fabriqué leur participation à l'attentat – allant jusqu’à recevoir des menaces de mort. « Nous n'avons eu aucun agent de police de liaison (...) ni entendu parler de l'incident par la police pendant cinq mois au moins, et nous n'avions aucun moyen de communiquer efficacement avec eux à titre confidentiel.

Encouragé par ses amis et sa famille à suivre une thérapie psychologique, lui et d'autres ont dû attendre plus de 10 semaines avant d'obtenir un rendez-vous téléphonique au cours duquel on leur a dit qu'il était « probablement temps de s'en remettre et qu'ils pouvaient résoudre leurs problèmes de sommeil en « buvant une tasse de lait chaud avant d'aller au lit ».

« A ce jour, nous n'avons reçu aucun soutien financier de la part d'un fonds officiel du gouvernement ou d’indemnisation pour les victimes d’actes criminels », a souligné M. Frain. Entre- temps, aucun représentant élu d’un parti quel qu’il soit ne m’a rencontré ni d’autres victimes, a-t-il ajouté. Même des événements commémoratifs, organisés avec les meilleures intentions, peuvent profondément affecter certaines victimes, ou les traumatiser à nouveau, sans mécanismes de soutien adéquats en place ».

M. Frain s’est dit reconnaissant de l'appui de la Tim Parry Johnathan Ball Peace Foundation, une organisation caritative créée à la mémoire de deux garçons qui ont perdu la vie lors d'une attaque de l'IRA en 1993, mais a souligné que ce groupe faisait face à d'énormes augmentations du nombre de dossiers et que son financement n'avait pas été confirmé cette année. Entre-temps, il a aidé à fonder le groupe Survivors Against Terror, un réseau pour ceux qui ont vécu des expériences aussi terribles.

« Les victimes d’attentat ont besoin de plus que des platitudes et de la sympathie », a conclu M. Frain, citant un avocat spécialisé dans les droits de l'homme. » « Il faut leur donner la possibilité d'avoir de la valeur, de bénéficier d'un soutien social, d'avoir accès à la justice et de trouver leur propre forme de réconciliation ou de deuil ».

D'autres intervenants à l'audition ont parlé plus particulièrement de différentes formes d'attaques terroristes. Susanne Gentz, du Comité international de la Croix-Rouge, a parlé des victimes du terrorisme dans le contexte des conflits armés, y compris les enfants traumatisés. « Aussi difficile qu'il soit de répondre aux besoins immédiats de survie, aider les gens à se remettre sur pied, recréer des moyens de subsistance et assurer la réhabilitation des services de base est souvent le plus grand défi », a-t-elle souligné.
La professeure Mary Bossis de l'Université du Pirée s'est concentrée sur les effets à long terme des actes terroristes pour les victimes et leurs familles qui « vivent un tourbillon complexe d'émotions et de problèmes non résolus ».

Elle a évoqué les récents attentats perpétrés contre le maire de Thessalonique par des extrémistes d'extrême droite, ainsi que d'autres incidents contre le Conseil des États grecs, concluant que tous les groupes politiques doivent s'unir sous la même devise : « le terrorisme est inacceptable quelles qu'en soient la source et la motivation ».

Mme Karamanlis doit présenter son rapport dans les mois à venir, qui sera débattu par l'Assemblée, recommandant d'autres moyens par lesquels les gouvernements peuvent aider à soutenir les victimes du terrorisme.