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Hongrie : un Rapporteur général de l’APCE dénonce de nouvelles dispositions législatives comme « faisant partie d'une attaque concertée des autorités contre les personnes LGBTI »

Fourat Ben Chikha

« Hier, le Parlement hongrois a adopté une série d'amendements législatifs discriminatoires visant à interdire 'la représentation et la promotion auprès de personnes de moins de 18 ans d'une identité de genre différente du sexe de naissance, le changement de sexe et l'homosexualité', » a déclaré Fourat Ben Chikha (Belgique, SOC), Rapporteur général de l'APCE sur les droits des personnes LGBTI.

« Cette législation rappelle fortement les lois dites de 'propagande anti-gay' que l'Assemblée avait déjà dénoncées en 2013, et elle est en contradiction avec l'exigence que les États respectent la liberté de recevoir et de transmettre des informations et des idées concernant l'orientation sexuelle ou l'identité de genre, énoncée par le Comité des ministres du Conseil de l'Europe dans une recommandation de 2010. »

« Les amendements privent tous les jeunes d'accès à une éducation sexuelle complète et à des informations objectives sur les différentes formes d'orientation sexuelle, d'identité de genre, d'expression de genre et de caractéristiques sexuelles qui existent dans chaque société, et sont par ailleurs directement discriminatoires envers les personnes LGBTI. La Cour européenne des droits de l'homme a déjà constaté, dans un arrêt de 2017, que l’interdiction par la législation de la "propagande pour les relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineurs" est préjudiciable aux enfants, discriminatoire et constitue une violation de la Convention européenne des droits de l'homme », a-t-il déclaré.

« En adoptant ces amendements aux lois sur la protection de l’enfance, sur les activités publicitaires commerciales, sur les médias, sur la protection de la famille et sur l'éducation publique, les autorités hongroises persistent dans leur attaque concertée contre les droits des personnes LGBTI, commencée par des amendements constitutionnels adoptés en mai 2020 – au cœur de la pandémie de covid-19 – et poursuivie par de nouvelles modifications législatives en décembre 2020. Tout cela se produit en outre dans un contexte où des responsables politiques en Hongrie profèrent des propos haineux virulents à l'encontre des personnes LGBTI », a-t-il déploré.

« Je demande à tous les Etats membres du Conseil de l'Europe, à leurs responsables politiques et parlementaires d'utiliser tous les moyens à leur disposition pour faire annuler ou abroger immédiatement cette législation », a-t-il conclu.