21/06/2021 Egalité et non-discrimination | Femmes libres de toute violence
Le Réseau parlementaire pour le droit des femmes de vivre sans violence a tenu aujourd'hui une audition sur le pouvoir de la Convention d'Istanbul en tant qu'outil de protection contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique.
Le Secrétaire général adjoint du Conseil de l'Europe, Bjørn Berge, a souligné l'importance de l'impact de la Convention d'Istanbul sur la justice européenne, notamment dans le soutien apporté par les autorités aux femmes confrontées à la violence et dans les changements observés dans la manière dont les systèmes de justice pénale traitent les cas de violence à l'égard des femmes. Il a également rappelé que la valeur ajoutée de ce traité juridique international est indéniable.
Marcella Pirrone, Présidente de Women Against Violence Europe, a appelé à une mise en œuvre effective de la convention afin d'améliorer la qualité de vie de toutes les femmes. Elle a appelé les parlementaires à maintenir la pression pour que des fonds suffisants soient alloués aux mesures visant à lutter contre la violence masculine à l'égard des femmes, soulignant que les bénéfices liés à ces investissements étaient supérieurs au coût de la violence.
Tout en soulignant l'engagement de nombreux États membres envers la convention et ses normes, Hillary Margolis, chercheuse senior à la Division des droits des femmes de Human Rights Watch, a rappelé qu'aucun pays de la région n'a totalement éradiqué la violence fondée sur le genre. Elle a relayé les propos de militant∙e∙s des droits des femmes et de survivantes de la violence, pour qui les normes contraignantes de la Convention d'Istanbul étaient « une sorte d'étoile polaire », et « vers lesquelles elles pouvaient tendre ». Elle a appelé les parlementaires à les soutenir, en demandant instamment aux gouvernements de s'engager dans les changements systémiques nécessaires à long-terme pour s'attaquer à la question chronique, omniprésente et de grande envergure de la violence à l'égard des femmes, et de soutenir proactivement et publiquement la convention et de contrer la désinformation à son sujet.
Ana Sofia Fernandes, Présidente de la Plateforme portugaise pour les droits des femmes, a plaidé pour une meilleure compréhension du continuum de la violence masculine à l'égard des femmes et des filles en ligne et hors ligne, ce qui permettrait de mettre en place des politiques mieux intégrées pour prévenir la violence à l'égard des femmes et en protéger les victimes. Parmi d’autres résultats positifs, la ratification de la convention au Portugal a ouvert la voie au suivi des politiques publiques par les organisations de la société civile. Des fonds accrus ont été alloués aux refuges et autres services de soutien, et des services spécialisés ont été créés.
Zita Gurmai (Hongrie, SOC), rapporteure générale sur la violence à l'égard des femmes et coordinatrice du Réseau, a encouragé les parlementaires du monde entier à utiliser les moyens à leur disposition pour accélérer le processus de ratification et de mise en œuvre de la convention et préserver toutes les femmes de la violence.
L'Assemblée parlementaire a marqué le 10ème anniversaire de la Convention d'Istanbul par un événement sur ce thème le mercredi 23 juin, lors de la session plénière.