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Selon les observateurs internationaux, les élections en Macédoine du Nord ont été compétitives et les électeurs bien informés, bien que le processus mérite d’être davantage réglementé

Le second tour de l'élection présidentielle et les élections législatives en Macédoine du Nord ont été compétitifs. Une campagne étendue et pluraliste a aidé les électeurs à faire un choix éclairé, mais elle a pâti d’un discours négatif marqué par des slogans nationalistes, ainsi que de lacunes législatives et d’un contrôle insuffisant des financements, ont déclaré les observateurs internationaux aujourd’hui dans un communiqué.

Les élections se sont déroulées dans un contexte d’insatisfaction des électeurs envers l’establishment politique, s’accordant généralement à penser que tant le gouvernement que l’opposition n’avaient pas l’intention de répondre aux appels lancés de longue date en faveur de réformes globales. La mission d'observation conjointe du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme de l'OSCE (BIDDH), de l'Assemblée parlementaire de l’OSCE (AP OSCE), de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) et du Parlement européen (PE) a constaté que si le cadre juridique avait créé la base d'élections démocratiques, de nombreuses lacunes et incohérences subsistaient, ce qui rend essentielle la poursuite des réformes.

« La journée électorale s'est déroulée de manière calme et pacifique, dans une atmosphère constructive, malgré la forte polarisation et l’éclatement de la scène politique en Macédoine du Nord », a déclaré Nikoloz Samkharadze, coordinateur spécial et chef de la mission de l’OSCE d’observation à court terme. « J’espère sincèrement pour le peuple de ce pays que les dirigeants nouvellement élus s'attaqueront effectivement aux principaux défis auxquels la population est confrontée et qu’ils rapprocheront la Macédoine du Nord de son objectif déclaré d'adhésion à l'UE ».

Le ton de la campagne, y compris en ligne, est devenu progressivement négatif avant le premier tour de l’élection présidentielle, et la situation ne s’est pas améliorée lors du second tour de l'élection présidentielle et de la campagne pour les législatives. Les allégations d’achat de voix se sont multipliées avant le jour du scrutin, impliquant tous les grands partis politiques, ce qui souligne la nécessité d’intensifier les mesures visant à répondre à ces préoccupations.

La méthode de distribution des fonds publics pour la campagne et le temps de parole dans les médias a désavantagé les petits partis et ceux qui n’étaient pas représentés au Parlement. Dans le même temps, la transparence et l’obligation de rendre compte du financement des campagnes ont été affaiblies par les exigences minimales en matière de rapports sur les financements, ainsi que par les ressources et les capacités limitées des organes de contrôle.

« La Macédoine du Nord n’a pas mis en œuvre un certain nombre de recommandations essentielles formulées par la Commission de Venise du Conseil de l'Europe et le BIDDH », a déclaré Alfred Heer, qui dirigeait la délégation de l’APCE. « Beaucoup d’électeurs vivant à l’étranger n’ont pas pu voter pour un député qui les représenterait au Parlement et l’exigence d’un taux de participation de 40 % pour le second tour de la présidentielle doit également faire l’objet d’une réforme urgente afin d’éviter le risque de cycles d’élections ratées ».

À l’exception notable d’une candidate à la présidence au second tour, les observateurs ont noté que les partis politiques présentaient peu d’oratrices lors des événements de campagne et que les partis semblaient faire peu d'efforts pour impliquer les électrices. Toutes les listes de candidats enregistrés étaient conformes à la loi, qui prévoit une représentation minimale de 40 % de femmes. Cependant, celles-ci étaient souvent placées autant que possible vers la fin des listes.

« La Macédoine du Nord a fait des progrès en matière d'égalité entre les femmes et les hommes dans la vie politique et publique, comme le montrent ces élections où les femmes représentaient 43 % des candidats au Parlement », a souligné Carina Ödebrink, qui dirigeait la délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE. « Néanmoins, il est impératif de poursuivre l’engagement politique et les réformes afin d’accroître la représentation des femmes aux postes élus et nommés et de répondre aux préoccupations et aux besoins des électrices ».

Quelque 1,8 million de citoyens étaient inscrits sur les rôles électoraux pour le scrutin du 8 mai. La confiance du public en l’administration électorale était généralement élevée et la formation des fonctionnaires électoraux était complète, bien que l’éducation des électeurs soit restée limitée. La journée électorale s’est déroulée dans le calme et les observateurs l’ont jugée globalement positive. Les procédures de vote ont été largement respectées, mais dans un certain nombre de cas, les commissions électorales n’ont pas entièrement respecté les procédures lors du décompte des voix.

« Nous tenons à saluer le travail accompli par les femmes et les hommes très dévoués des commissions électorales, qui ont montré à quel point ils étaient bien formés », a déclaré Leopoldo Lopez Gil, chef de la délégation du Parlement européen. « Ils ont contribué au déroulement ordonné et calme du processus électoral et ont donné un exemple d’engagement civique ».

Le paysage médiatique de la Macédoine du Nord est diversifié et la liberté des médias est largement respectée. Tout au long de la campagne, les médias ont généralement couvert l’ensemble des candidats, certaines chaînes privilégiant des listes de candidats spécifiques. Les débats télévisés ont contribué à informer les électeurs avant le jour du scrutin. Dans le même temps, la nécessité de poursuivre les réformes dans le secteur des médias a été soulignée.

« Ces élections ont été compétitives et bien organisées, en particulier compte tenu du défi que représente l’organisation simultanée de deux élections différentes », a déclaré Jillian Stirk, qui dirigeait la mission d’observation des élections du BIDDH. « Mais les discours négatifs et les accents de plus en plus nationalistes de certains partis et candidats étaient extrêmement inquiétants. La campagne aurait bénéficié d’une surveillance plus approfondie. Nous espérons qu’à l’avenir, la Macédoine du Nord continuera de renforcer la démocratie. Le BIDDH reste disposé à apporter son soutien à une action en ce sens ».

La mission d’observation électorale internationale du second tour de l'élection présidentielle et des élections législatives en Macédoine du Nord rassemblait 344 observateurs venus de 42 pays, dont 238 experts déployés par le BIDDH, des observateurs à long terme et à court terme, 72 de l’AP de l'OSCE, 23 de l’APCE et 11 du Parlement européen.

 

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

Katya Andrusz, ODIHR: +48 609 522 266 ou [email protected]

Anzhelika Ivanishcheva, OSCE PA: + 45 60 10 80 30 ou [email protected]

Bogdan Torcătoriu, PACE: [email protected]

Raffaele Luise, EP: +32 470952199 ou [email protected]