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Selon les observateurs internationaux, le second tour de l’élection présidentielle en Pologne s’est bien déroulé et a été très disputé, dans un contexte marqué par des clivages de plus en plus forts, notamment dans les médias et en ligne

Le second tour de l’élection présidentielle en Pologne, qui a eu lieu hier, a été très disputé et bien organisé, mais le clivage de longue date entre les deux principaux camps politiques du pays et la partialité des médias ont accentué le caractère concurrentiel de la campagne, marquée par des controverses concernant l'indépendance de certaines institutions fondamentales chargées de la supervision des élections, ont déclaré les observateurs internationaux dans un communiqué aujourd'hui.

La mission d’observation conjointe du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE et de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a conclu que, comme avant le premier tour, les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique avaient été respectées. Bien que la campagne soit devenue de plus en plus conflictuelle, les deux candidats se disputant les voix d’un électorat divisé et idéologiquement fragmenté, l’envoi de messages incendiaires et d’intolérance a sensiblement diminué à l’approche du second tour. En l’absence d’une législation ou de règles claires, la frontière entre les activités de campagne et les fonctions des agents publics était floue, et aucune initiative n’a été prise pour prévenir ces pratiques ou y mettre un terme.

« Du début à la fin, la campagne a mis en évidence la profondeur des clivages politiques et des divisions sociales en Pologne, ce qui souligne la nécessité d’instaurer un dialogue inclusif impliquant l’ensemble de la société », a déclaré Dunja Mijatović, cheffe de la mission d’observation des élections du BIDDH. « Les dirigeants politiques doivent désormais s’employer à renforcer la confiance dans les institutions démocratiques et l’obligation de ces dernières de rendre des comptes, dans l’intérêt général. Une véritable démocratie ne devrait pas être un jeu à somme nulle, les responsabilités y sont partagées. »

Les autorités ont poursuivi leurs efforts pour protéger le processus électoral contre la désinformation et l’ingérence étrangère, mais ceux-ci ont été affaiblis par un manque de coordination et une communication publique limitée et contradictoire concernant les mesures prises. L’efficacité des interventions effectuées par les réseaux sociaux est restée très variable, aussi une grande partie des contenus signalés n’a-t-elle pas été traitée sur certaines plateformes.

« Le taux élevé de participation au deuxième tour de l’élection présidentielle, tant en Pologne même qu’à l’étranger, reflète le fort attachement des citoyens polonais à la force et à la qualité de leur démocratie », a déclaré Iulian Bulai, chef de la délégation de l’APCE. « L’électorat s’est vu offrir un vrai choix entre plusieurs options politiques, dans un environnement ouvert. Il a pu prendre des décisions éclairées malgré la forte polarisation du paysage médiatique, des discours visant à manipuler l’opinion et les faiblesses existantes, auxquelles il conviendrait de remédier pour renforcer l’intégrité du processus électoral. »

L’inadéquation de la réglementation relative au financement des campagnes a permis l’intervention fréquente de tiers, ce qui a nui à la transparence et à l’intégrité du processus. Globalement, l’administration électorale a géré l’élection de façon professionnelle et efficace. Le jour du scrutin lui-même a été calme et le processus a été bien organisé et encadré de façon professionnelle, mais, comme lors le premier tour, le caractère secret du vote n’a souvent pas été assuré.

La polarisation des médias et la partialité de la plupart d’entre eux, y compris le radiodiffuseur public, ont limité l’accès des électeurs et des électrices à des informations impartiales. Le seul débat télévisé de l’entre-deux-tours ayant été marqué par l’absence totale de modération, il a consisté en un échange d’accusations entre les deux candidats et n’a donc pas permis de comparer véritablement leurs programmes politiques.

Parallèlement, les préoccupations demeurent au sujet du manque d’indépendance de la chambre de la Cour suprême créée en 2018 afin de valider les résultats des élections. Cette polémique a sapé la confiance du public dans la justice.

La mission internationale d’observation de l’élection présidentielle polonaise a mobilisé au total 42 observateurs et observatrices de 24 pays, dont 34 expert·es et observateurs et observatrices de longue durée déployés par le BIDDH, ainsi que 8 parlementaires et membres du personnel de l’APCE.

Contacts médias :
Katya Andrusz, BIDDH : +48 609 522 266 or [email protected]
Sylvie Affholder, APCE : +33 7 60 19 75 05 or [email protected]