Renforcer l’autonomie des femmes dans une société moderne et multiculturelle
Réponse à Recommandation
| Doc. 11847
| 16 mars 2009
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- adoptée
à la 1050e réunion des Délégués des Ministres (11 mars 2009)
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1838
(2008)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation
1838 (2008) de l’Assemblée parlementaire
– «Renforcer
l’autonomie des femmes dans une société moderne et multiculturelle»
et, dans ce contexte, félicite la Commission sur l’égalité des chances
pour les femmes et les hommes de l’Assemblée parlementaire de son
engagement infaillible au cours de ses dix années d’existence. Le
Comité des Ministres est déterminé, pour sa part, à poursuivre,
en coopération avec l’Assemblée, l’œuvre pionnière du Conseil de l’Europe
pour réaliser l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment
par l’intermédiaire des travaux du Comité directeur pour l’égalité
entre les femmes et les hommes (CDEG).
2. Avant de commenter de manière plus spécifique les questions
soulevées par la recommandation, le Comité des Ministres rappelle
qu’il a tenu, le 5 novembre 2008, un échange de vues thématique
sur l’action du Conseil de l’Europe pour favoriser l’égalité entre
les femmes et les hommes, sujet auquel il attache une grande importance.
A la lumière de cet échange, le Comité des Ministres a décidé d’un
certain nombre de mesures pour améliorer l’approche intégrée de
l’égalité entre les femmes et les hommes, renforcer l’action pour
l’égalité entre les femmes et les hommes au sein de ses propres
structures et assurer une participation plus équilibrée lors des
processus de sélection pour les différents organes, entités et comités
du Conseil de l’Europe et dans les Etats membres. Il a, dans ce
cadre, demandé au Secrétaire Général de préparer un rapport annuel
sur les suites données aux décisions prises ainsi que sur la mise
en œuvre de la politique de l’égalité entre les femmes et les hommes
au Conseil de l’Europe, y compris au sein de ses organes, entités
et comités. Par ailleurs, afin de continuer à progresser sur la
question d’égalité de facto,
qu’il convient d’aborder sous des angles multiples et d’une manière
transversale, le CDEG élabore actuellement une déclaration sur ce
sujet, que le Comité des Ministres examinera prochainement en vue
de son adoption.
3. En ce qui concerne le paragraphe 3 de la recommandation relative
au renouvellement de l’invitation de l’Assemblée d’élaborer un nouveau
protocole à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et
des libertés fondamentales établissant le principe d’égalité entre
les femmes et les hommes comme un droit fondamental de la personne
humaine, le Comité des Ministres rappelle que sa Déclaration de
1988, qui reconnaît l’égalité entre les femmes et les hommes comme
partie intégrante des droits fondamentaux de la personne humaine,
demeure un texte de référence et un jalon politique fondamental
de la politique du Conseil de l’Europe en matière d’égalité entre
les femmes et les hommes. Ce principe a été repris par la Conférence des
Nations Unies sur les droits de l’Homme (Vienne, 1993).
4. Le Comité des Ministres partage les préoccupations de l’Assemblée
en ce qui concerne la persistance des discriminations à l’égard
des femmes, ainsi qu’il l’indiquait dans sa réponse à la
Recommandation 1798 (2007) sur le «Respect du principe d’égalité des sexes en droit
civil», adoptée lors de sa 1030e réunion (18 juin 2008). Il réaffirme
sa position telle qu’exprimée aux paragraphes 3 à 6 de ladite réponse
quant à la proposition d’élaborer un nouveau protocole à la Convention
européenne des droits de l’homme.
5. En ce qui concerne la proposition du paragraphe 4 de nommer
un(e) rapporteur/se spécial(e) du Conseil de l’Europe sur les droits
des femmes, y compris en matière de lutte contre la violence à l’égard
des femmes, le Comité des Ministres rappelle que l’égalité entre
les femmes et les hommes doit être ancrée au cœur des politiques
du Conseil de l’Europe, conformément aux valeurs de l’Organisation.
Un volet essentiel du mandat du CDEG est de «promouvoir la coopération
entre les Etats membres en vue de réaliser l'égalité de facto entre les femmes et les
hommes en tant que partie intégrante des droits humains, condition
essentielle de la démocratie véritable et facteur du développement
et du progrès économiques, et stimuler les actions à mener, tant
au niveau national qu'au niveau du Conseil de l'Europe, compte tenu
des travaux poursuivis au sein d'autres instances internationales».
Le Comité des Ministres relève par ailleurs les travaux importants
entrepris par le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de
l’Europe dans le domaine de l’égalité entre les femmes et les hommes.
6. Enfin, le Comité des Ministres attire l’attention de l’Assemblée
sur la création d’un Comité ad hoc d’experts chargé d’élaborer un
ou, le cas échéant, plusieurs instrument(s) juridique(s) contraignants,
pour prévenir et combattre:
- la
violence domestique, y compris les formes spécifiques de violence
à l’égard des femmes;
- d’autres formes de violence à l’égard des femmes;
pour protéger et soutenir les victimes de tels actes de violence
et poursuivre les auteurs.
7. Au paragraphe 5, l’Assemblée
parlementaire invite le Comité des Ministres à promouvoir la tenue
d’une 5e Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes avec
comme objectif le renforcement de l’autonomie des femmes dans une
société moderne et multiculturelle, en particulier au travers du
dialogue interculturel et interreligieux. A cet égard, le Comité
des Ministres porte à l’attention de l’Assemblée les travaux menés
par le CDEG qui ont traité la plupart des objectifs fixés par la
4e Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes. Ceux-ci
incluent l’approche intégrée de l’égalité entre les femmes et les
hommes, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé,
l’intégration d’une perspective de genre dans le processus budgétaire
– qui sera le thème d’une Conférence prévue à Athènes, les 5 et
6 mai 2009 –, la protection des femmes contre la violence, la lutte
contre la traite des êtres humains et l’examen du rôle des femmes
et des hommes dans la prévention et la résolution des conflits et
la consolidation de la paix. Toutes ces activités visent à renforcer
l’autonomie des femmes et sont fondées sur le principe qu’aucune
tradition culturelle, religion ou coutume sociale ne peut justifier
le déni de jouissance par les femmes et les filles de leurs droits
humains et ne peut être utilisée comme une excuse pour se détourner
des violations de ces droits.
8. Tel sera également le fil conducteur de la 7e Conférence du
Conseil de l’Europe des Ministres responsables de l’égalité entre
les femmes et les hommes qui se tiendra à Bakou en 2010 autour du
thème «Egalité entre les femmes et les hommes: Combler le fossé
entre l’égalité de jure et
l’égalité de facto».
9. Il convient par ailleurs de souligner que le Conseil de l’Europe
a contribué de façon majeure aux sessions de la Commission de la
condition de la femme (CCF) depuis la Conférence de Beijing en 1995,
par exemple en mars 2000 et en mars 2005, lors de l’examen et de
l’évaluation de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme
d’action (Beijing + 5 et Beijing + 10)
Note.
Des manifestations parallèles
NoteNoteNoteNoteNoteNote sont organisées
par le Conseil de l’Europe et ses Etats membres durant les sessions
de la Commission avec comme objectif l’examen et l’évaluation de
la Déclaration et du Programme d’action de Beijing. Les activités du
CDEG ont contribué de façon majeure à la mise en œuvre, au niveau
européen, du Programme d’action de Beijing.
10. Ces activités demandent un suivi approprié et le Comité des
Ministres considère que la priorité est de progresser dans les domaines
déjà explorés afin de faire des propositions créatives et leur assurer
des bases solides et innovatrices pour la réalisation de l’égalité
effective entre les femmes et les hommes avant d’envisager l’organisation
d’une 5e Conférence mondiale sur les femmes.
11. En ce qui concerne la question du «dialogue interculturel
et interreligieux» ainsi que l’intégration d’une perspective de
genre dans les activités menées dans ce domaine, le Comité des Ministres
invite l’Assemblée à se référer au «Rapport sur le rôle des femmes
et des hommes dans le dialogue interculturel et interreligieux pour
la prévention et la résolution des conflits, la consolidation de
la paix et la démocratisation», préparé par le CDEG en 2004. Ce
rapport contient de nombreuses bonnes pratiques pour encourager
la participation des femmes au dialogue interculturel, y compris
sa dimension religieuse, ainsi que des mesures pour améliorer cette
participation.
12. Dans le cadre de l’organisation de la Rencontre 2008 du Conseil
de l’Europe sur la dimension religieuse du dialogue interculturel
(8 avril 2008), consacrée à «L’enseignement des faits religieux
et relatifs aux convictions», le Comité des Ministres a veillé,
en sélectionnant les participants, à respecter de façon appropriée
le principe d’égalité entre les femmes et les hommes. Le même principe
sera appliqué pour la Rencontre 2009, qui sera consacrée au même
thème.
13. Par ailleurs, il y a lieu de souligner que l’égalité entre
les femmes et les hommes, en tant que question fondamentale dans
des sociétés en évolution et élément crucial de la démocratie, a
été dûment prise en compte dans le Livre blanc du Conseil de l’Europe
sur le dialogue interculturel, qui stipule clairement que «le respect
des droits fondamentaux de la femme est une base non négociable
de tout débat sur la diversité culturelle».