8.1 la création d’une institution
centrale au niveau national chargée de l’utilisation sociale des
avoirs confisqués d’origine criminelle (avoirs financiers et biens
meubles et immeubles) ayant les pouvoirs et les ressources nécessaires
pour l’administration des biens en question et leur mise à disposition
à des fins d’utilité sociale, en coopération avec les organismes
locaux publics et non gouvernementaux;
8.2 l’utilisation prioritaire des fonds confisqués pour dédommager
les victimes, directes et indirectes, selon une définition suffisamment
large;
8.3 l’utilisation d’une partie des fonds et objets confisqués
aux fins de l’augmentation de la capacité policière et judiciaire
pour identifier, saisir et confisquer un maximum d’avoirs d’origine
criminelle;
8.4 l’«utilisation directe» de biens confisqués à des fins
publiques telles que la reconversion de villas de mafieux en centres
socioculturels, lieux de vacances pour personnes défavorisées, centres
de réhabilitation de personnes dépendantes de drogues, ou l’utilisation
de voitures de luxe par les forces de l’ordre;
8.5 pour ce qui est des entreprises confisquées, la prise
de toutes les mesures possibles, en coopération avec le patronat,
les syndicats et les banques, pour aider les entreprises potentiellement viables
à surmonter le «choc de légalité» (paiement d’impôts et de charges
sociales, arrêt des financements par blanchiment de capitaux), pour
éviter l’impression que «la mafia donne du travail [et que] l’État
licencie»;
8.6 l’évitement, autant que possible, dans le cas d’objets
confisqués, de ventes publiques aux enchères, qui risquent d’ouvrir
la voie à des pressions sur les acheteurs potentiels ou le rachat
des objets par des hommes de paille des criminels eux-mêmes; dans
les cas où une telle vente ou la reprise d’une entreprise confisquée
est nécessaire, la vérification stricte de la fiabilité de l’acheteur
ou repreneur;
8.7 la participation de la société civile tant dans le processus
décisionnel que dans la conception et la gestion de projets de réutilisation
sociale d’avoirs confisqués;
8.8 la mise en place de mesures de sauvegarde appropriées
pour éviter d’éventuels conflits d’intérêts et assurer la transparence
et la responsabilité pour l’usage fait des avoirs confisqués au
même niveau que pour la gestion d’autres ressources publiques;
8.9 des rapports adressés à intervalles réguliers au parlement
par les autorités compétentes;
8.10 l’actualisation régulière de la législation et de la pratique
administrative pour contrer les stratégies d’évitement des groupes
criminels de type mafieux.