Le logiciel espion Pegasus et autres types de logiciels similaires et la surveillance secrète opérée par l’État
Réponse à Recommandation
| Doc. 16030
| 04 septembre 2024
- Origine
- Adoptée lors de la
1505e réunion des Délégués des Ministres
(3 septembre 2024). 2024 - Quatrième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2258
(2023)
1. Le Comité des Ministres
a examiné attentivement la
Recommandation
2258 (2023) de l’Assemblée parlementaire «Le logiciel espion Pegasus
et autres types de logiciels similaires et la surveillance secrète opérée
par l’État», qu’il a transmise au Comité directeur pour les droits
humains (CDDH) et au Comité directeur sur les médias et la société
de l’information (CDMSI) pour information et observations éventuelles.
2. Le Comité des Ministres partage les inquiétudes de l’Assemblée
quant à la nature profondément intrusive de Pegasus et d’autres
logiciels espions similaires, qui transforme les smartphones ciblés
en dispositif de surveillance 24 heures sur 24. Compte tenu du rôle
joué par les téléphones mobiles dans la collecte, le stockage et
le traitement d’un grand nombre de données personnelles très sensibles,
il existe un risque de violations graves du droit à la vie privée
et familiale, tel que protégé par l’article 8 de la Convention européenne des
droits de l’homme.
3. Face à la gravité de cette menace, le Comité des Ministres
considère que la recommandation de l’Assemblée, figurant au paragraphe
1.1, d’élaborer un instrument non contraignant sur la surveillance
secrète et les droits humains est envisageable et que cela présente
une réelle valeur ajoutée. Il invite le CDDH à tenir compte de cela
pour l’examen à mi-parcours de son mandat, le cas échéant. Un tel
instrument – se présentant sous la forme d’une recommandation ou
de lignes directrices – devrait appliquer les principes de la jurisprudence
de la Cour européenne des droits de l’homme en matière de logiciels
espions, s’accompagner d’exemples de bonnes pratiques nationales
existantes et prendre en compte les développements ultérieurs de la
jurisprudence de la Cour ainsi que le Protocole d’amendement à la
Convention pour la protection des personnes à l’égard du traitement
automatisé des données à caractère personnel (STCE no 223).
4. Pour ce qui concerne la proposition de l’Assemblée, figurant
au paragraphe 1.2, d’examiner la faisabilité d’une convention du
Conseil de l’Europe sur l’acquisition, l’utilisation, la vente et
l’exportation de logiciels espions, en s’appuyant sur la Recommandation
CM/Rec(2016)3 sur les droits de l’homme et entreprises, qui rappelle
que les États ont le devoir de protéger les particuliers contre
les violations des droits humains commises par des tiers, y compris
des entreprises, le Comité des Ministres est d’avis que cela ne
devrait être envisagé qu’à la suite d’un travail effectué sur un
instrument non contraignant, comme indiqué précédemment, le cas
échéant.
5. Pour ce qui concerne la recommandation, figurant au paragraphe
1.3, de coordonner les initiatives avec d’autres organisations internationales,
le Comité des Ministres donne son assurance à l’Assemblée que cette pratique
est systématique dans le cadre des travaux d’établissement de normes
et de coopération. De plus, lors de sa 133e Session
ministérielle, qui s’est tenue les 16 et 17 mai 2024, le Comité
des Ministres a rappelé l’importance de renforcer la dimension extérieure
du Conseil de l’Europe et la coopération avec l’Union européenne
et les Nations Unies, entre autres organisations internationales.