Instaurer un contrôle régulier des conditions d’accueil et de vie des enfants handicapés physiques et mentaux vivant en institutions
Proposition de résolution
| Doc. 11658
| 24 juin 2008
- Signataires :
- M. Mike HANCOCK,
Royaume-Uni, ADLE ; M. Vicenç ALAY FERRER,
Andorre ; Mme Minodora CLIVETI,
Roumanie ; M. Imre CZINEGE,
Hongrie ; M. Denis JACQUAT,
France, PPE/DC ; M. Haluk KOÇ,
Turquie, SOC ; M. Geert LAMBERT,
Belgique ; M. Bernard MARQUET,
Monaco, ADLE ; Mme Liliane MAURY PASQUIER,
Suisse, SOC ; Mme Lajla PERNASKA,
Albanie, PPE/DC ; M. Indrek SAAR,
Estonie, SOC ; Mme Darinka STANTCHEVA,
Bulgarie
- Thesaurus
Cette proposition n'a pas été examinée par l'Assemblée et n'engage que ses signataires.
1. L’Assemblée parlementaire s’est prononcée pour la
désinstitutionnalisation des enfants handicapés (voir les
Recommandations 1601 (2003) et
1698 (2005)). Mais la réponse la plus courante au handicap reste encore
trop souvent dans de nombreux pays d’Europe le placement – quasi
automatique et sans toujours la possibilité de révision de la décision
– des enfants handicapés dans des établissements spécialisés. Pourtant les
enfants handicapés physiques et mentaux sont des individus détenteurs
de droits et le placement en institutions n’est plus aujourd’hui
une solution généralement acceptable; la décision de placement doit
rester l’exception, entourée de garanties et révisée régulièrement.
2. Les enfants n’échappent pas au syndrome de l’institutionnalisation
qui vient se surajouter à leur handicap et aggraver leur état. Rien
ne peut réparer les dommages causés par l’exclusion sociale, la ségrégation
et l’isolement. Une fois placés dans des institutions, les enfants
handicapés risquent d’y passer le reste de leur vie; sans l’acquisition
des compétences nécessaires pour vivre dans la société ou pour entrer dans
la vie active, ils seront simplement transférés des établissements
pour enfants vers des établissements pour adultes handicapés.
3. Aujourd’hui encore, en Europe et notamment en Europe centrale
et orientale, vivre en institutions pour les enfants handicapés
physiques et/ou mentaux comporte très souvent un risque inhérent
de violences, d’abus, notamment sexuels, et de négligences; l’alimentation
y est bien souvent inadaptée; certaines institutions pour enfants
handicapés connaissent encore de très mauvaises conditions matérielles,
le recours aux entraves, tels que les «lits cages», le manque d’intimité,
l’absence de personnel qualifié, le surpeuplement, l’absence de
chauffage l’hiver, l’absence de programmes de réadaptation et de
thérapie, et la pratique de la surmédication.
4. On ne peut laisser le fonctionnement des institutions au bon
vouloir et à la seule capacité des directeurs et du personnel qui
l’entoure même si en règle générale il faut saluer le dévouement
et l’implication de ces personnels. Au niveau national, les institutions
et les conditions d’accueil et de vie faites aux enfants handicapés
doivent être périodiquement contrôlées par des organismes compétents
et les dysfonctionnements réparés et sanctionnés.
5. Au niveau national, les droits fondamentaux des enfants doivent
être protégés contre les violations, abus et maltraitances éventuels
par le biais d’une instance indépendante accessible ayant la capacité
et le pouvoir d’entendre les plaintes et requêtes individuelles
des enfants et d’y donner suite. Au niveau international, le Conseil
de l’Europe, défenseur des droits et libertés fondamentales de la
personne, ne peut faire, envers ses Etats membres, l’impasse sur
les droits des enfants et en particulier les droits des enfants
handicapés vivant en institutions.