En conséquence, l’Assemblée invite les Etats membres et, le cas échéant, l’Union européenne,
l’OCDE, la FAO et les autres organisations internationales compétentes à préconiser, à mettre en
oeuvre ou à renforcer des politiques de gestion des ressources biologiques marines fondées sur une
exploitation durable, sur le soutien aux communautés de pêcheurs et sur la préservation d’un secteur
de la pêche économiquement solide et, à cet effet:
13.1 à effectuer un bilan de l’application, des avantages et des inconvénients des différents systèmes de
gestion des ressources halieutiques selon les caractéristiques des pêcheries et des pays concernés;
13.2 à effectuer une étude sur l’effort réel de pêche pour les pêcheries, les flottes et les eaux relevant de
leur juridiction et à mettre en place un système efficace de contrôle des pêches;
13.3 à associer les organisations représentatives des pêcheurs, des armateurs et d’autres collectifs
concernés ainsi que les milieux scientifiques à l’élaboration et à la mise en oeuvre des politiques de la
pêche, en particulier en ce qui concerne les mesures à prendre pour une gestion durable et responsable des ressources;
13.4 à adopter, selon les cas, des mesures concrètes telles que la définition de TAC (totaux admissibles
des captures) et de quotas, la détermination de la limite minimale admissible de la biomasse, la
protection de la fraction juvénile du stock, la limitation des captures par zone et le contingentement
du nombre de jours de sortie en mer, la réduction des captures accessoires et des rejets, l’interdiction
des filets maillants dérivants de plus de 2,5 km, le contrôle des opérations des grands navires de
pêche et l’extension à toute l’Europe du contrôle par satellite de ceux de plus de 15 mètres, le
contrôle du nombre des permis de pêche et de la durée de la pêche, le développement de la
coopération avec et entre les instituts de recherche marine afin d’accroître le potentiel scientifique et technologique de l’Europe. Cette coopération doit se fonder sur une réflexion stratégique et des
projets conduits en coopération, en particulier dans le cadre de réseaux associant les institutions
publiques et les entreprises commerciales;
13.5 à protéger les droits des pêcheurs et des autres travailleurs du secteur de la pêche et à leur assurer,
par une gestion des stocks de poissons saine tant sur le plan de l’environnement que sur celui de
l’économie, un niveau de vie équitable ainsi qu’un accès préférentiel aux fonds de pêche traditionnels
et aux ressources des eaux relevant de leur juridiction;
13.6 à éviter d’intégrer ou de laisser s’installer, dans la gestion des pêches, en particulier au niveau des
pratiques de pêche, des incitations au gaspillage;
13.7 à signer et à ratifier la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (1982) et les accords y
relatifs, en particulier l’Accord de 1995 relatif à la conservation et à la gestion des stocks
chevauchants et des stocks de poissons grands migrateurs;
13.8 à adhérer à l’Accord visant à favoriser le respect par les navires de pêche en haute mer des
mesures internationales de conservation et de gestion (FAO, 1993);
13.9 à étendre également aux Etats membres du Conseil de l’Europe le Règlement (CE) n° 1239/98 du
Conseil de l’Union européenne du 8 juin 1998, sur l’interdiction totale de la pêche aux filets maillants
dérivants dans l’Atlantique et en Méditerranée à partir du 1er janvier 2002;
13.10 à saisir et à détruire les filets maillants dérivants qui ne seraient plus nécessaires et à en interdire la
cession à des tiers;
13.11 à interdire l’importation de poisson et de produits de la pêche originaires de pays ayant enfreint les
traités internationaux et les règlementations interdisant la pêche aux filets maillants dérivants;
13.12 à faire usage de leur capacité d’influence auprès de l’industrie de la pêche et des entreprises du
secteur pour s’assurer qu’elles ne transforment ni ne vendent du poisson ou des produits de la pêche
obtenus en ayant recours aux filets maillants dérivants;
13.13 à prendre les mesures appropriées pour promouvoir la prise de conscience des consommateurs
concernant l’origine du poisson et des produits de la pêche, les méthodes de pêche et les dangers
encourus par certaines espèces; et à agir en faveur de la promotion de l’étiquetage du poisson et des
produits de la pêche obtenus à partir de ressources renouvelables, en accord avec les règlementations
internationales relatives à la protection des espèces;
13.14 à mettre en oeuvre la
Résolution 52/29, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 26 novembre 1997, concernant la pêche hauturière au grand filet dérivant, la pêche non autorisée dans les zones relevant de la juridiction nationale et les prises accessoires et les déchets de la pêche;
13.15 à appliquer les conventions internationales ayant trait à la protection de l’environnement marin, à
évaluer périodiquement l’état de l’environnement littoral, à mettre au point et à utiliser en commun des moyens de détection des sources de pollution et à mettre un terme au rejet de matières
radioactives dans l’océan;
13.16 à promouvoir une approche globale interdisciplinaire des problèmes de gestion des pêches en
encourageant et en favorisant activement un enseignement universitaire interdisciplinaire approprié
dans le domaine des sciences halieutiques;
13.17 à se concerter en vue de la création d’une agence maritime européenne, afin de contribuer à une
conception cohérente d’une politique maritime européenne, notamment pour l’exploitation durable
des ressources biologiques marines et pour une meilleure coordination et exploitation des
connaissances et de l’expérience européennes concernant les écosystèmes marins, en particulier en
matière de pêche. Une telle agence agirait en coopération avec d’autres institutions existantes, comme
le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM);
13.18 à s’appuyer sur les événements de 1998 concernant les océans pour lancer une campagne
publique européenne d’information sur l’importance des océans et pour faire un effort de réflexion
conjoint afin de définir des objectifs, d’identifier des priorités, d’établir des méthodologies et de
réunir des moyens humains et matériels pour progresser vers une meilleure connaissance et une
exploitation durable des océans et de leurs ressources.