Les enfants migrants sans-papiers en situation irrégulière : une réelle cause d’inquiétude
Réponse à Recommandation
| Doc. 13062
| 05 novembre 2012
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1153e réunion des Délégués des Ministres
(24 octobre 2012). 2012 - Commission permanente de novembre
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1985
(2011)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres a examiné attentivement
la
Recommandation 1985
(2011) de l’Assemblée parlementaire sur « Les enfants
migrants sans-papiers en situation irrégulière : une réelle cause d’inquiétude »,
qu’il a communiquée aux gouvernements, au Commissaire aux droits
de l'homme du Conseil de l'Europe et aux organes et comités intergouvernementaux
concernés
Note.
2. Le Comité des Ministres partage les préoccupations exprimées
par l’Assemblée et rappelle que les droits de l’enfant sont une
priorité pour l’Organisation. Il est aussi préoccupé par la vulnérabilité
des enfants sans-papiers, qui les expose à la violence, aux abus,
à la négligence et à l'exploitation. Le Comité est bien conscient
de la complexité de la question, qui tient à la situation particulière
de chaque enfant migrant sans-papiers, mais aussi à la diversité
des accords et instruments bilatéraux, nationaux et internationaux
en vigueur qui concernent les mineurs non accompagnés.
3. Le Comité des Ministres partage le point de vue que tous les
enfants migrants doivent être traités en conformité avec les principes
directeurs de la Convention des Nations Unies relative aux droits
de l’enfant, qui représentent les conditions essentielles devant
être réunies pour que tous les enfants puissent jouir de leurs droits,
indépendamment de leur nationalité, de leur apatridie, de leur origine
ou de leur situation de migrant. Les Etats membres devraient prendre
toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des enfants, comme
l’exigent les instruments internationaux contraignants consacrés
aux droits de l'homme, tels que la Convention européenne des droits
de l'homme et la Charte sociale européenne. Ils devraient notamment garantir
le droit à la nourriture, à l'habillement, à l'hébergement et à
l’assistance médicale, conformément aux conclusions et décisions
du Comité européen des droits sociaux. En outre, le Comité des Ministres
attire l’attention des Etats membres à sa Recommandation Rec(2000)3
sur le droit à la satisfaction des besoins matériels élémentaires
des personnes en situation d’extrême précarité.
4. Au Conseil de l'Europe, la question des enfants migrants sans-papiers
relève principalement de deux domaines d’activités transversaux,
à savoir les droits de l’enfant et les migrations. La Stratégie
du Conseil de l'Europe sur les droits de l'enfant (2012-2015) vise
pour sa part à aider les Etats membres à améliorer la protection
des enfants migrants et des enfants « en déplacement », y compris
« les enfants demandeurs d'asile, réfugiés, non accompagnés, isolés,
déplacés et apatrides ». Ces enfants étant particulièrement vulnérables
à la violence et aux abus, en particulier à la traite et au trafic
illicite, des mesures de protection multidisciplinaires et globales
devraient être élaborées et appliquées conformément au principe
de l’intérêt supérieur de l’enfant. A cette fin, l’Organisation
encourage la mise en œuvre effective des instruments pertinents
du Conseil de l'Europe, tels que les Lignes directrices du Comité
des Ministres sur une justice adaptée aux enfants et ses Recommandations
CM/Rec(2007)9 sur les projets de vie en faveur des mineurs migrants
non accompagnés, CM/Rec(2008)4 sur la promotion de l'intégration
des enfants de migrants ou issus de l'immigration, et CM/Rec(2009)13
sur la nationalité des enfants. C’est aussi l’approche suivie dans
le Cadre relatif aux travaux du Conseil de l'Europe dans le domaine
des migrations pour 2011-2013 ; ce cadre met l'accent, non plus
sur l'élaboration de nouvelles normes, mais sur la promotion d'un
usage plus efficace du corpus déjà riche des normes existantes et
un suivi approprié. Le Comité des Ministres rappelle que les Etats ont
des possibilités d’obtenir une assistance s’ils le souhaitent. De
plus, conformément au document susmentionné, la Division de coordination
en matière de migrations développe actuellement une coordination avec
l’Union européenne, en particulier avec la Commission européenne.
Cette coordination devrait englober, entre autres, les questions
relatives aux droits des enfants migrants sans-papiers.
5. En réponse à d’autres recommandations spécifiques de l’Assemblée,
le Comité des Ministres tient à signaler que la question de l’accès
à l’éducation (paragraphe 10.1.1) est prise en compte dans ses travaux
sur l’éducation.
6. Concernant l’offre minimale de soins de santé, le Comité des
Ministres estime que, si les enfants migrants sans-papiers peuvent
ne pas se voir reconnaître le droit à la sécurité sociale, il faut
cependant s’efforcer, dans la mesure du possible, de leur accorder
le droit à une protection sociale subsidiaire, qui comprenne une
assistance médicale adéquate.
7. S’agissant du paragraphe 10.2, le Comité des Ministres renvoie
au paragraphe 7 de la
réponse à
la
Recommandation 1969
(2011) dans lequel il indique avoir « pris note de la
demande de l’Assemblée de donner des instructions pour l’élaboration
de principes directeurs sur la protection des enfants non accompagnés »
et a attiré « l’attention des responsables du programme « Construire
une Europe pour et avec les enfants » » sur cette demande.
8. Le paragraphe 10.3 de la recommandation porte sur la garantie
d’un logement aux enfants migrants sans-papiers. Le Comité des Ministres
reconnaît la complexité et l’importance de cette problématique.
Tout en rappelant l’obligation de prévoir au moins un refuge pour
les migrants sans-papiers en situation irrégulière, il considère
que la question du logement en soi doit être traitée par chaque
Etat membre dans le cadre de ses politiques nationales pertinentes.
9. Enfin, concernant le paragraphe 10.4, le Comité des Ministres
reconnaît que les jeunes migrants non accompagnés, qu’il s’agisse
de mineurs ou de jeunes majeurs, ont besoin d’une protection contre
la traite et contre les formes d’exploitation sexuelle ou économique
dont ils risquent d’être l’objet. A cet égard, les gouvernements
pourraient envisager d’examiner comment sont définies les méthodes
en usage dans leur pays pour administrer cette protection et s’il
convient de les améliorer pour éviter que les mineurs ou jeunes majeurs
concernés ne soient soumis à la traite ou ne subissent des atteintes
de nature physique, sexuelle ou psychologique. Le Comité rappelle
l’intérêt que présentent en la matière la Convention du Conseil
de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains (STCE
n° 197) et la Convention du Conseil de l’Europe sur la protection
des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels (Convention
de Lanzarote, STCE n° 201) ; il invite tous les Etats membres qui
ne l’ont pas encore fait à envisager de signer et de ratifier ces
instruments.